mercredi 31 janvier 2018

EHPAD de la Réole : dans la mobilisation nationale, les salariés sur le pont, et le SMP CGT SG à leurs côtés


 
Le 30 janvier, une mobilisation nationale des salariés des EHPAD a eu lieu. Cette mobilisation aura été une réussite. Les problèmes des EHPAD concernent les salariés et les usagers, et les salariés font un travail avec, au coeur de celui-ci, les usagers. Des mauvaises conditions de travail impactent donc les conditions de vie des usagers. En France, la conception et la gestion des EHPAD ne sont pas du tout satisfaisantes. L'analyse générale de ces problèmes est très bien établie, relativement partagée, mais les autorités font semblant d'entendre, de comprendre. Pour réponse, la Ministre de la Santé a annoncé le déblocage, national, de 50 millions d'euros, ce qui, compte-tenu du nombre d'établissements, d'établissements en situation grave, est une somme minuscule. Il faut insister sur la mauvaise gestion, tant des ressources que des "ressources humaines" : pour les premières, de mauvais choix conduisent à des problèmes, des difficultés, et pour les secondes, elles sont méprisées, ou maltraitées.





































Les EHPAD connaissent les mêmes logiques de gestion que celles des pires entreprises privées. Et pour que les choses aillent mieux, avec toujours plus de logique privée, la gestion de l'entretien de l'EHPAD ne sera plus assurée par des salariés en contrats aidés (supprimés à la hache par la majorité actuelle) mais par des salariés travaillant par une entreprise privée, en l'espèce Elior Services. Les salariés, mobilisés, avec le soutien des familles, des résidents, ont clairement dit : Stop ! à ces processus. Il va falloir continuer cette mobilisation ! Le SMP, représenté par son secrétaire, José Bengala, a tenu à exprimer aux salarié(e)s de l'EHPAD de la Réole le soutien total de notre syndicat, sa disponibilité, pour s'exprimer, pour agir.






samedi 27 janvier 2018

Une nouvelle victoire en Prud'hommes pour une salariée et camarade mais un chômage subi à cause d'une discrimination

Le SMP CGT SG a appris avec joie qu'une salariée et camarade que nous avons soutenu depuis quelques années a gagné un procès prud'homal, en première instance. Nous ne donnerons pas plus de détails sur cette victoire. Hélas. En effet, cette salariée est victime d'une discrimination, peut-être même pour un cumul de motifs, pourtant absolument interdits par des droits fondamentaux, constitutionnels. Sur un territoire donné, celles et ceux qui pourraient l'embaucher (qui ont des besoins) ne le font pas. Le SMP CGT SG va étudier cette situation et faire des choix. Une fois de plus, nous n'allons, ni laisser faire, ni laisser tomber.



lundi 22 janvier 2018

L’état des lieux - ou comment dissoudre la césure entre lutte sociale et lutte politique

  Une Tribune du Secrétaire du SMP CGT Sud Gironde

La Réole, le 22 janvier 2018

Nous sommes des militants révolutionnaires menant une activité syndicale, délégués ou non, dans les entreprises du privé. Parfois, l’état consternant des sections syndicales de nos entreprises nous empêche même de nous syndiquer ! Nous sommes éparpillés dans les fédération et confédérations dont nous n'apprécions pas souvent l’orientation,
Pourtant, nous sentons que les temps changent, que faire ? quelle perspective syndicale défendre ? renforcer telle confédération ? Pousser à la création de nouveaux syndicats radicaux ? Structurer des oppositions syndicales un peu partout ? Participer à des regroupements, et lesquels ? Organiser le travail intersyndical ? Prendre de plein droit nos responsabilités au sein des appareils syndicaux ? Il n’est pas difficile d’y voir clair, il n’est pas plus trop tôt pour débattre, proposer et lutter dans ce sens… Nous considérons que rejoindre le Front Social n’est pas qu’une alternative crédible, elle est crédible mais aussi justifiée et sérieuse.. Il ne faut pas laisser la confusion s’installer et profiter aux dirigeants syndicaux, de toutes tendances et qui nous ont entraîné dans un mouvement ouvrier dans l’état dans lequel on le trouve aujourd’hui. A l’heure où de nouveaux syndicats SUD se constituent régulièrement sans vraiment d’orientation ; à l’heure où la CFDT s’assume partenaire du gouvernement et du MEDEF, où FO est plus que jamais divisé et abandonné par ses bases et que le “ recentrage de la CGT se précise ?? “, le moment est venu de confronter nos points de vue et nos perspectives, de tracer les grandes lignes d’un syndicalisme de classe.

La CGT que nous voulons ne doit plus avoir peur de produire de l’utopie, sinon le patronat est le seuil fournisseur d’utopie !! Qu’est ce que la loi Macron, si ce n’est l’utopie des patrons d’il y a quarante ans ??


Un syndicalisme de classe

L’exploitation et le capitalisme sont au cœur de la société actuelle. Lutter pour leur abolition doit être le fil directeur de l’action syndicale. Il ne s’agit pas pour nous de combattre seulement tel ou tel excès particulièrement odieux, mais de remettre en cause l’exploitation de l’homme par l’homme. En ce sens, le syndicalisme de classe est celui porté par la classe ouvrière, les exploités du privé comme du public, producteurs de toutes les richesses et dépossédés de tout pouvoir sur leur vie.Peut-être aujourd’hui la classe ouvrière est-elle en retrait des combats partiels, affaiblie et désorganisée par des années de restructurations et de combats perdus contre les licenciements et le chômage. Il n’empêche en Belgique, au Portugal, au Brésil en Espagne ou en Argentine, comme en Corée du Sud ou en Turquie, le combat de la classe ouvrière mondiale est toujours vivant. Son développement numérique en Chine et en Asie du Sud-Est est riche de possibilités à venir. C’est elle qui est au cœur de la société et des transformations futures, et tout projet syndical qui ne s’organise pas autour d’elle ne peut déboucher que sur la conciliation avec les intérêts de la bourgeoisie. Aussi, il ne s’agit pas d’une déclaration de principes, mais d’un critère essentiel pour s’orienter dans toutes les luttes et débats en cours autour de la recomposition :Nous rejetons les mots d’ordre ouvertement nationaliste comme le «produisons français» ou au chauvinisme camouflé comme «développement industriel ». Nous refusons la défense de son entreprise ou de son pays au nom de la défense des emplois. Contre la solidarité de certains syndicats avec le Medef et gouvernements successifs, nous défendons une ligne de construction de l’unité entre travailleurs de différentes entreprises, de différents pays. Nous refusons, de même, de parler de la « défense des usagers » ou du « Service Public » et nous mettons en avant la défense des intérêts des travailleurs et des secteurs populaires dans l’accès aux soins, à l’éducation, aux transports… Nous disons que ce critère de classe nous sert de boussole pour savoir qui l’on privilégie dans le travail syndical. Dans la grande industrie comme dans le secteur public, notre priorité de travail doit être d’organiser les ouvriers et de construire, sur la base de leurs intérêts de classe, des revendications qui unifient largement contre le patronat et l’Etat. A l’inverse, nous nous opposons à un certain syndicalisme qui vise à mettre les ouvriers à la remorque de l’aristocratie ouvrière, des cadres, voire des patrons.

Un syndicalisme de solidarité

Il ne s’agit pas là d’un critère qui s’impose naturellement. Tout le monde se prétend aujourd’hui « solidaire », pour l’unité. Le « Tous ensemble ! » n’est-il pas le mot d’ordre partagé dans toutes les manifestations ? Mais ensemble pour quoi ? Solidaires en quoi ?La première des solidarités de classe est celle à l’égard de nos camarades immigrés, avec ou sans papiers, souvent les plus précaires des travailleurs. Ils sont marginalisés dans l'activité des confédérations ! Nous rejetons sans détour le nationalisme. Pour reprendre un des plus vieux mots d’ordre du mouvement ouvrier : « les prolétaires n’ont pas de patrie ». Combattre le chauvinisme et le racisme dans l’entreprise et en dehors est plus important que jamais en ces périodes troublées où le racisme maintient son influence parmi les travailleurs.
Cette solidarité n’est donc pas seulement « européenne », même si les conditions de combat relativement proches rendent les liens plus faciles. Certains discours visant à légitimer la Confédération Européenne des Syndicats (CES), cette institution de l’Europe impérialiste, recouvrent en fait un chauvinisme européen en formation derrière un internationalisme de façade. Cette CES qu’on nous vante dans les confédérations, n’est qu’une structure de technocrates de la relation sociale qui cherchent à se poser en interlocuteurs très responsables face à la Commission Européenne. D’où l’appel à vote Oui au référendum du 29 mai 2005, en France, repris par la CFDT et toute une fraction de la direction CGT, finalement mise en minorité, il faut le savoir et le dire !! La solidarité de classe que nous visons, concerne les travailleurs du monde entier, en particulier ceux des pays dominés, des pays d’origine de l’immigration. Pour cela nous rejetons toute forme de « préférence nationale » ou « européenne » et en particulier nous revendiquons l’ouverture de l’embauche des étrangers dans la fonction publique... … ce qu’ oublient de faire tous ceux qui défendent, en l’état, le statut des fonctionnaires… n’est ce pas ??La construction de l’unité de classe suppose le combat contre le racisme, mais aussi contre le sexisme. Temps partiel imposé, discrimination salariale, discrimination à l’emploi sont le lot des femmes travailleuses. Comme sur les questions de l’immigration, il ne faut pas hésiter à aller à contre-courant des idées dominantes dans le syndicat.
Le combat d’ensemble ne doit pas se faire en camouflant les situations particulières mais en intégrant la lutte contre les divisions que le patronat et l’Etat nous imposent.
Construire une solidarité de classe, c’est aussi la construire avec les chômeurs et les précaires. Nous rejetons le syndicalisme élitiste qui conditionne la titularisation des précaires au passage de concours. Dans le secteur public comme dans le secteur privé, nous devons nous battre pour l’embauche immédiate et sans condition des précaires qu’ils soient intérimaires, vacataires ou CDD. De même, la solidarité avec les sous-traitants de toute sorte, multipliés par suite des découpages juridiques opérés par les patrons, est indispensable pour reconstruire un syndicalisme qui organise tous les secteurs d’activité. Travaillons avec les privés d’emploi à construire un syndicalisme faisant converger en une même lutte celle des travailleurs sans emploi et des travailleurs avec emploi, par exemple contre l’intensification du travail. La solidarité c’est aussi le souci de sortir le nez des situations locales. S’il nous faut défendre pied à pied les intérêts immédiats des travailleurs dans les entreprises, nous ne pouvons nous satisfaire des petits rapports de force établis çà et là, souvent sur des bases étroites et locales. Le syndicalisme de classe ne se définit pas seulement à l’échelle de l’entreprise, voire du délégué. Il existe parce qu’il se situe par rapport à tous les enjeux syndicaux, nationaux et internationaux, contre les orientations portées par les directions confédérales. Pour cela, nous devons saisir autant que possible les occasions pour mettre en contact nos syndicats avec des travailleurs d’autres sites, d’autres entreprises, d’autres pays. Même si les retombées pratiques sont souvent faibles en terme de lutte commune, les conséquences sont généralement positives dans la prise de conscience des enjeux chez les syndiqués. Enfin, nous ne nous satisfaisons pas d’une solidarité « contre »... (contre le gouvernement du moment par exemple) qui cache souvent un « chacun pour soi », solidarité des mécontents qui évite d’affronter les corporatismes et les contradictions qui existent parmi les travailleurs. La solidarité que nous voulons est positive, « pour » la défense des intérêts de classe des travailleurs. Cela suppose débat et avancée, convergence sur un projet commun qu’il nous faudra bien définir mais surtout pas un syndicalisme jaune, qui refuse la politique de classe pour mieux collaborer avec le patronat, ce que font la plupart des syndicats qui s'appellent eux-mêmes « indépendants » ?? Au contraire, nous voulons un syndicalisme totalement indépendant du capital et de l’Etat, qui ait rompu tous ces liens entretenus depuis des décennies par des bureaucrates qui partagent maintenant la logique de nos exploiteurs.Nous refusons le syndicalisme qui rentre dans la défense de l’entreprise et de la nation, qui se prétend meilleur gestionnaire qu’un patron incompétent, qui propose contreplan sur contreplan, qui s’échine à chercher les moyens de financer nos revendications et enchaîne ainsi les travailleurs aux règles de l’économie capitaliste. Face aux restructurations nous défendons l’intérêt des travailleurs, et rien d’autre. Dans les structures syndicales économiques institutionnelles (Comités d’Entreprise, Conseil d’Administration, Commissions Paritaires...) nous refusons de rentrer dans le débat gestionnaire pour dénoncer au contraire les règles qui en régissent le jeu. Nous refusons le syndicalisme institutionnel de partage des tâches entre syndicats et patronat. Nous refusons un syndicalisme qui gère cantines, mutuelles, chômage et sécurité sociale, syndicalisme qui n’a apporté que corruption matérielle et idéologique dans nos rangs. On ne peut pas en même temps dénoncer le capitalisme et prétendre en être les meilleurs gestionnaires, voire de dignes représentants patronaux comme on a pu le voir dans certains CE...Nous refusons de négocier l’embauche ou les licenciements des ouvriers, de cogérer la carrière de nos collègues, comme dans l’Education Nationale. Nous refusons le syndicalisme institutionnel de « partenaire privilégié », le syndicalisme de clientèle, le syndicalisme de service, pour privilégier celui de la lutte de classe ! Notre syndicalisme est celui de l’indépendance de classe, qui définit ses objectifs par rapport aux intérêts des travailleurs, et d’abord les plus exploités. C’est pour cela que nous proposons des revendications considérées « utopiques » … et que nous refusons le mot d’ordre « Interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et qui licencient ». Ce mot d’ordre, initié par Lutte Ouvrière puis repris par la plupart des forces politiques et syndicales, fait dépendre nos objectifs de la bonne santé de l’entreprise et laisse sur le carreau les travailleurs des entreprises perdantes dans la guerre économique ainsi que tous les sous-traitants. C’est ainsi que doit se construire notre camp, l’orientation syndicale de classe nécessaire à l’avenir des travailleurs.



Un syndicalisme véritablement collectif et démocratique

Nous en avons assez de ces délégués qui parlent en notre nom et utilisent notre force dans les combats au service des intérêts particuliers de quelques uns, qui signent des accords inacceptables ou nous prêchent la division du corporatisme ou du nationalisme. Nous voulons contrôler nos combats et notre action syndicale. Dans les conflits, nous voulons organiser comités de grève et assemblées générales, un contrôle collectif et permanent sur notre mouvement pour décider nous-mêmes de notre action. Mais nous avons aussi besoin d’organisations, de véritables syndicats qui nous représentent en permanence. Le syndicalisme n’est pas que la grève, c’est aussi l’éducation, l’organisation permanente des plus larges masses sur une orientation bien claire contre l’exploitation capitaliste.Contre l’individualisme qui imprègne toute la société capitaliste, le syndicalisme c’est aussi un moyen de préparation à la transformation de la société. C’est une école de solidarité, de lutte, de prise de conscience par l’apprentissage permanente d’autres relations et fonctionnements: l’apprentissage des décisions collectives, le partage des responsabilités et de la distribution des tâches, la rotation des dirigeantes de l’organisation. Pour cela nous avons besoin de délégués, de représentants, de mandats, de modes de contrôle. Nous avons besoin d’avantage d’Unions Locales, de structures interprofessionnelles ( MultiPro ), du fédéral et d'organisations internationales. La vie syndicale ne peut se mener sans une telle structuration !! Le problème n’est pas d’avoir des représentants, mais de savoir les choisir sur des bases claires et explicites, de pouvoir lessoutenir en permanence, jusqu'à remettre en cause leur mandat, d’élaborer collectivement (et non à partir de quelques experts, aussi syndicaux soient-ils) une orientation de classe. La démocratie syndicale est à réinventer et destinée à combattre l'ennemi bien mieux organisé que nous !! Nous défendons l’idée d’un syndicalisme de classe ; mais nous voulons aussi construire un syndicalisme de masse. Notre ambition est de construire un syndicalisme de classe majoritaire parmi les travailleurs. Nous pensons même que, dès aujourd’hui, il est possible d’organiser une fraction significative de la classe ouvrière et de l’ensemble des travailleurs autour d’un syndicalisme dynamique, radical, de rupture avec la société capitaliste. Pour cela, nous refusons le syndicalisme élitiste de quelques avant-gardes. Nous refusons, en particulier, de confondre organisation syndicale et organisation politique. Nous connaissons bien ce phénomène quand des structures CGT appellent à voter pour le député-maire du coin !!. Il existe aussi chez certains militants d’extrême gauche qui utilisent le syndicat comme une simple couverture pour le travail de construction de leur organisation politique. Mais le problème existe aussi chez un certain type de militantisme anarcho-syndicaliste qui confond les tâches entre ces deux types d’organisations et cherchent à ce que le syndicat prenne des positions extrêmement radicales sur des sujets variés, sans tenir compte de leur base et de la nécessité d’un syndicalisme de masse.
Les démarches ne sont pas les mêmes. Un Parti politique se constitue autour d’un programme de transformation de la société que seule une crise révolutionnaire permettra d’accomplir. Dans les luttes, il tend, et c’est normal, à raccorder les manifestations de protestation à son projet politique. Le syndicat, lui, doit organiser la défense quotidienne des travailleurs contre les empiétements du capital. Il a besoin de l’énergie et de la solidarité de toute la classe, il n’organise pas une avant-garde. Et sa façon d’aborder la politique est conditionné par ce point de départ. Le syndicat est amené à faire de la politique, à prendre position sur les grands problèmes : les attaques de la bourgeoisie bien sur, la nature de la production , la sécurité et l'environnement, la domination impérialiste etc.. Mais il est forcément limité dans son expression proprement politique à ce que peuvent assumer les syndiqués. Cela n’interdit pas, bien au contraire, l’activité de militants politiques révolutionnaires dans les syndicats. Ils apportent leurs analyses, leur compréhension, leurs propositions, précisément parce que le syndicat doit devenir une école de classe pour la libération des travailleurs. Mais ils se soumettent au débat démocratique et respectent les décisions prises solidairement. Voilà les grands axes sur lesquels, pensons-nous, doit se construire aujourd’hui un courant syndical de classe, en les défendant dans toutes les structures dans lesquelles nous sommes investis. C’est le socle, le point de départ d’un syndicalisme de classe, quelles que soient les situations particulières dans lesquelles nous nous trouvons les uns et les autres. Nous sommes tout à fait conscients que c’est insuffisant, que cela ne définit pas une orientation, une tactique, des choix syndicaux. Mais il faut en passer par là sans brûler les étapes, accepter de jeter à nouveau les fondations de nos organisations de lutte, contre toutes les pseudo évidences serinées par des bureaucrates intéressés. C’est ce que nous proposons de débattre le plus largement possible et d'utiliser comme un outil pour construire un renouveau syndical... avec Le Front Social.

Le Secrétaire du SMP CGT Sud Gironde
José BENGALA


Syndicat MultiPro CGT Sud-Gironde –
Mairie de la Reole – 1, esplanade Charles de Gaulle – 33190 La Reole
contact@syndicat-cgt-multiprosg.org

Janvier 2018





samedi 20 janvier 2018

La séparation de l'Etat et du MEDEF, une nécessité de laïcité et de défense des droits humains fondamentaux


Le MEDEF est appréhendé comme une "organisation patronale". Il s'agit avant tout d'une organisation cultuelle, dont l'objet du culte est l'argent, qu'elle prélève sur ce que nous produisons et échangeons. Elle a effectué, ils ont effectué, une OPA sur "l'entreprise", alors que le MEDEF n'est pas une organisation intéressée par les productions, mais seulement les rentes. Il s'agit également d'une organisation sectaire prête à tout pour sacrifier à son idole, en nous sacrifiant nous. Il est devenu nécessaire d'exiger la séparation de l'Etat et du MEDEF. Nous savons, désormais, que les principaux lieux de l'Etat sont des succursales du MEDEF, lequel usurpe les titres de l'Etat pour que des fondés de pouvoir réalisent ses quatre volontés. Aujourd'hui, le Front Social nous appelle à être ensemble contre le MEDEF. 

Le SMP invite les citoyens et les organisations écrivent librement à l'Union Européenne, telle qu'elle est organisée sur les "droits de l'Homme", afin de faire constater que plusieurs principes et objectifs du MEDEF s'attaquent à des principes et des dispositions de la Charte des droits fondamentaux, comme l'article II-1 sur la dignité humaine, II-3 sur l'intégrité, II-12 sur la liberté de réunion et d'association, II-21 sur la non discrimination, II-27 et II-28, sur les droits des travailleurs, ainsi que dans le même sens II-30 et II-31, II-47 sur le droit à un recours effectif et à accéder à un tribunal impartial. Le 20 Janvier, nous ferons connaître le détail de ces articles, les éléments et les raisons qui justifient la mise en cause du MEDEF comme organisation anti-sociale.

Dans les prochains jours, nous ferons connaître ici des arguments qui pourront être utilisés pour votre lettre. Ci-dessous, le tract, et le document dans lequel nous vous donnons des conseils pour la rédiger, l'envoyer.



































Le tract complet avec la deuxième page : https://drive.google.com/file/d/1a9q1W_FIdX3UjnoEp7k7WM31BYd4NJ1m/view?usp=sharing
Pour faire sa lettre, nos conseils et informations :

lundi 15 janvier 2018

"L'Amour et la Révolution" - pour l'année 2018, les termes de ce que nous voulons et pouvons






Philippe Poutou et deux de ses camarades, aujourd'hui requis en audience - notre soutien, total

C'est aujourd'hui que trois travailleurs des Ford ont été requis pour une audience au Tribunal Correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour leur action, de "décoration", d'un stand Ford, au Salon de l'auto, en 2012 et 2014. Ce procès vise et les actions syndicales légales mais non classiques et les figures de ces actions, comme ici, Philippe Poutou. Celui-ci l'a dit et répété : pas d'immunité ouvrière, pendant que la grande délinquance, la délinquance en col blanc, est toujours protégé par tel ou tel droit. Les bandits de grand chemin, ou ne répondent jamais de leurs délits, sans parler parfois même de leurs crimes, ou alors ils sont poursuivis tellement lentement qu'ils meurent avant, ou alors ils sont tellement mal poursuivis qu'un vice de procédure permet de stopper les poursuites, et quand ils sont exceptionnellement condamnés, ils ne connaissent pas la case prison, bénéficiant là encore d'une immunité, malgré la gravité de leurs actes. Par contre, celles et ceux qui font, comme des gais lurons, oeuvre de leur droit constitutionnel d'expression et d'expression syndicale, sont poursuivis, s'ils ne sont pas agressés, à coup de flashball, matraques, de garde à vue, etc. La "République Française" bafoue nos Droits fondamentaux, parce que l'Etat est à la dérive. Sa servilité envers le grand patronat est un fait, un scandale, une faute. Notre syndicat adresse aux camarades jugés ce jour, un salut et un soutien, entiers, et nous invitons les camarades, les salariés et les citoyens à, le 20 janvier, mettre en cause publiquement la source de tous nos problèmes : le MEDEF, et derrière lui, le MEDEF international, Bildelberg et consorts.

samedi 13 janvier 2018

"En route vers Exarcheia" : deux diffusions réussies à la Réole et à Bordeaux, même si les représentants de l'Etat sont venus à la Réole pour...



La diffusion, les 8 et 9 Janvier, du film d'Eloïse Lebourg, sur le collectif Anepos, son animateur Yannis Youloutas, concernant le convoi de solidarité, parti de France, pour le quartier autonomiste "Exarchia", a été un succès pour les invitants, auxquels le SMP CGT SG s'était associé - depuis le récent voyage de novembre, l'un des plus durs selon Yannis Youlountas, jusqu'à cette diffusion.


Cette diffusion, qui va parcourir la France, avec ses créateurs et figures, n'est pas du goût des dirigeants actuels de l'Etat, qui préféreraient que nous nous associons à des odes publiques en faveur du Grand Mamamouchi Elyséen, de "l'Europe-UE" - celle-là même qui a fait le choix d'écraser un peuple, tous les peuples, européens, et singulièrement, le peuple grec, en lui enfonçant la tête sous l'eau quand il avait la tête à peine au-dessus de la surface. Ils ont noyé - et provoqué la mort, de milliers de Grecs, par suicide, faute de soins. Une résistance sociale s'est organisée, contre ces criminels - et leurs larbins grecs, le gouvernement de M. Tsipras. Elle se réalise, dans des conditions très difficiles, face à des forces fascistes multiples, civiques et étatiques. Et donc, la diffusion d'un film profondément humain qui raconte un tel convoi, les rencontres, l'histoire des mobilisations locales, comme celle de Kostas et de sa cuisine, est jugée "révolutionnaire" et dangereuse par les représentants de l'Etat français. Il faudrait non seulement accepter d'être laminés, mais encore de dire merci, et d'adorer celles et ceux qui envoient tant de femmes, d'enfants et d'hommes à la rue. Que les choses soient claires : ce sera NON. Oui, ce sera NON, nous ne dirons pas MERCI, et nous voulons voir partir les responsables/coupables de ces décisions qui tuent. C'est pourquoi nous allons continuer et amplifier notre soutien à cette mobilisation, européenne (grecque, française et de tant d'autres nationalités), parce que notre fraternité ne connaît pas de frontières.

Les prochaines diffusions en France sont (d'autres dates vont s'ajouter, il faut consulter le site de Mediacoop, lien ci-dessus)
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mercredi 17 janvier 2018 à 18H à l'Hélice (Toulon - 83)*
jeudi 18 janvier 2018 à 20H00 au Cinéma CGR en partenariat avec le Collectif Migrants Var Est et Utopia 83 ( Draguignan - 83)*
mardi 23 janvier 2018 à 20H30 au Cinéma L'Arverne (Murat - 15)*
vendredi 26 janvier 2018 à 20H30 à CinéDoc d'Ariège (Sainte-Croix-Volvestre - 09)*
vendredi 26 janvier 2018 à 20H00 aux Cinéastes (Le Mans - 72)*
samedi 27 janvier 2018 à 20H00 à la Librairie "Le Bleu du Ciel" (Pamiers - 09)*
jeudi 15 février 2018 à 20H30 à Ruelle Sur Touvre (16)*
jeudi 1er mars 2018 à 20H30 au Cinéma l'Atelier (Grammat - 46)*
mardi 6 mars 2018 à 20H00 à la Maison des associations (Grenoble - 38)*
samedi 5 mai 2018 à 18H00 à la Salle Polyvalente, soirée organisée par l'Association HUMUS (Chateldon - 63)*



mardi 19 décembre 2017

Inspection du Travail : un travail essentiel, quand il est fait avec conscience et courage - et encore plus maintenant, alors que le pouvoir prétend en être maître pour l'entraver

Nous en avons parlé il y a peu (note antérieure) : une mobilisation a pris corps pour soutenir une Inspectrice du Travail gravement mise en cause et menacée par son employeur, le Ministère du Travail, lequel, dans cette affaire (comme dans d'autres), pense et agit comme n'importe quel employeur MEDEFisé. Notre secrétaire général, Philippe Martinez, a signé un appel, et des camarades de la CGT sont allés manifester avec d'autres contre la procédure disciplinaire engagée contre cette Inspectrice. Mais comme nous l'avons aussi dit, c'est toute l'Inspection du Travail qui a été attaquée pour être neutralisée, par le patronat MEDEF et par ses larbins. Une série de "réformes" iniques ont été adoptées et imposées, depuis la "réforme" Sapin, unanimement rejetée par toutes les organisations syndicales des fonctionnaires de ce Ministère. Ce sont les champions de la délinquance en col blanc qui ont dictées ce qu'ils exigeaient, afin qu'ils cessent d'avoir des ennuis. C'est comme si Al Capone avait exigé du gouvernement américain qu'il vire Eliot Ness, et que la police soit composée par ses amis. Il y a deux ans, un camarade, conseiller du salarié, très actif sur le terrain, auprès des salariés, sur le secteur de la Réole, a adressé un mail à Mme Coulon, inspectrice du travail, responsable de l'unité de contrôle, Sud-Est, en Gironde. Il lui a dit ceci :  "A titre personnel mais aussi en tant que Conseiller du Salarié, je n'ai aucun intérêt à me heurter avec votre administration. Je pense et je souhaite que nous pussions continuer a travailler ensemble dans la défense de tous les salariés, c'est simple et clair. Je constate simplement que depuis une année, la Direccte Aquitaine présente des défaillances au niveau de son action, qui portent préjudice aux salariés, rendant par la suite inabouti le travail réalisé sur le terrain par nos conseillers juridiques. C'est dans ce contexte que je vous demande de recevoir une délégation de l' Union Locale CGT Sud Gironde dans vos locaux afin qu'ensemble nous puissions déterminer et mieux se coordonner les fonctions des uns et des autres. Néanmoins, et dans un bon esprit, je tenais à vous rappeler, comme dit un de vos ex collègues,  que vous faites un métier fantastique, extraordinaire, un des plus intéressants, passionnants : vous avez le droit de rentrer à toute heure du jour et de la nuit dans les entreprises et de contrôler les employeurs, les entreprises. Ce sont eux qui trichent, qui dissimulent un milliard d'heures supplémentaires qu'ils volent à leurs salariés pour augmenter sans cesse leurs marges bénéficiaires. N'ayez pas peur des "cris " patronaux qui se plaignent de la crise : jamais leurs profits n'ont été aussi énormes. Jamais la France des actionnaires, jamais la France exploiteuse n'a été aussi riche. Jamais les richesses produites par les salariés n'ont été aussi mal distribuées. Jamais les salariés n'ont eu autant besoin de protection. Jamais le Code du Travail n'a été aussi nécessaire, à renforcer, et vous là, j’espère, pour le faire appliquer effectivement contre la délinquance patronale massive qui s'est accrue ces dernières années. Vous savez tous qu'un restaurant sur quatre use de travail dissimulé. Vous savez tous comment les fortunes des majors du BTP se sont édifiées sur la fausse sous-traitance, le travail dissimulé, les sans papiers délibérément surexploités. Vous savez à force de les visiter la réalité des entreprises. Vous savez ce qu'est l'extension des maladies professionnelles, des TMS et des AVC, des RPS, le harcèlement, les licenciements abusifs. Alors vous n'allez pas vous plier aux ordres des petits chefs serviles des nouvelles DIRECCTE, vous êtes titulaires, protégés par la convention de l' OIT ( la même que vous m'envoyez pour mémoire), vous avez pour "mission d'alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés ", allez-y !! Vous êtes indépendants mais pas neutres, vous n’êtes pas là pour conseiller les employeurs mais pour les contrôler et les sanctionner quand ils fraudent ! Vous n’êtes pas des conseillers, vous êtes la police des patrons ! il en faut une, déterminée, sérieuse, entêtée, efficace. Vous êtes des experts contre les infractions, les trucages, les délits patronaux. Vous n’êtes pas impartiaux : ce sont les patrons qui sont assujettis au Code du Travail, pas les salariés ! Parce que les salariés sont subordonnés, ils ont droit à une protection juridique, économique et social ! Vous ne pouvez pas tolérer les discriminations anti syndicales, ni le fait que les IRP soient piétinées. Vous êtes là pour, lorsqu'ils sont foulés aux pieds, rétablir les droits, la dignité de ceux qui produisent les richesses de la France. On n'est plus au Moyen Age. On est, on veut être dans une République citoyenne ! L'ancienne présidente du MEDEF ( Mme Parisot) avait osé dire que "la liberté de penser s’arrête là où commence le Code du Travail", elle devrait être couverte de honte tout comme Mr. GATTAZ qui est son digne successeur !! Madame, le Code du Travail est essentiel, il est fait de sueur et de sang, de luttes et de larmes, il est dénigré, méconnu, fraudé, c'est un droit intime, quotidien, pour des millions de salariés. Vous êtes le bras armé de la répression pour le faire appliquer. Ne voyez pas votre mission avec distanciation mais avec passion. On a voulu vous apprendre à être technocrates, juristes froids et statisticiens soumis, fonctionnaires obséquieux. Soyez engagés, votre métier a un vrais sens, soyez fiers ! Et si vous vous heurtez à la bureaucratie servile de la DGT, dites-vous que vous avez le choix : si vous y perdez des parts de primes, sachez que vous y gagnerez des parts d'estime de vous-mêmes ! En attendant une éventuelle date disponible dans votre agenda pour qu'on puisse conjointement échanger en bonne intelligence,"   

Est-ce qu'un tel propos discrédite la CGT ? Ou avait-il raison d'être aussi clair et précis ? Nous, nous savons, qui nous sommes, pourquoi nous sommes comme nous sommes, pourquoi nous faisons ce que nous faisons. D'autres sont, hélas, confus - si ce n'est pire.

lundi 18 décembre 2017

Mac Do à la Réole : une condamnation aux Prud'hommes de Bordeaux pour harcèlement moral

"MacDo" est une multinationale bien connue pour ses "produits", dont nous ne commenterons pas les "qualités" - ou défauts. Un jeune salarié employé sur le site MacDo de la Réole a bien été victime d'un harcèlement moral - c'est ce qu'un jugement des Prud'hommes de Bordeaux a établi, en condamnant l'entreprise à lui payer des dommages et intérêts, pour. Ce salarié a été soutenu par le conseiller salarié CGT de la Réole, secrétaire de notre syndicat. Voici une nouvelle victoire judiciaire. Le "management" à la sauce MacDo vise à pousser les salariés recrutés à ne pas rester dans l'entreprise. Ainsi, sauf une minorité, les salariés n'ont pas une ancienneté importante, avant leur départ.




jeudi 14 décembre 2017

Contre les syndiqués, les syndicalistes, actifs, CGTistes ou autres, le Ministère du Travail est à l'oeuvre depuis des années, et aggrave...

Le secrétaire de la CGT, Philippe Martinez, a signé avec d'autres une Tribune pour interpeller la Ministre du Travail, parce que ce Ministère attaque une Inspectrice du Travail, sur la base du récent "code de déontologie". Nous adressons notre soutien à cette Inspectrice, comme à l'ensemble de cette profession, sinistrée, puisqu'elle a fait l'objet de successifs plans qui visaient à la neutraliser petit à petit, pour finir par la neutraliser totalement. C'est ce que ce Ministère a quasiment réussi à faire. L'indépendance de ces inspecteurs, bien que l'OIT ait insisté sur son importance, n'existe plus. C'est un corps sous contrôle d'une hiérarchie et d'une hiérarchie qui travaille en ayant au bout du fil 24 heures sur 24 le MEDEF. Si cette Tribune a son utilité, ces personnalités et leurs organisations devraient interpeller cet Etat hyper-autoritaire pour qu'il annule un certain nombre de dispositions prises sur et contre ces agents, pour qu'il rétablisse l'indépendance de ces travailleurs, et pour qu'ils aient à nouveau des moyens et des droits adaptés à la gravité des problèmes. Pour l'heure, des responsables préfèrent se faire les complices de délinquants en col blanc, made in MEDEF. Et au-delà de l'Inspection et du Ministère du Travail, c'est et la Fonction Publique et le monde des entreprises non publiques qui sont dans le collimateur de cet Etat patronal, avec une repression nationale immense, qui concerne des milliers et des milliers, de travailleurs, de syndiqués, de citoyens. Ce que le gouvernement Erdogan fait en Turquie, le gouvernement actuel le fait en France, en poursuivant et aggravant les basses oeuvres des précédents. Plus que jamais, la séparation de l'Etat et du MEDEF est une nécessité.

mardi 12 décembre 2017

Grèce écrasée par l'UE : la réponse solidaire, malgré les obstacles et les fascistes - bientôt, à La Réole...

Sur son blog, Yannis Youlountas fait le récit de ce voyage de 15 jours, de France vers Exarcheia. Ce que des organisations devraient faire et qu'elles ne font, des femmes et des hommes, le font, grâce aux dons et aux soutiens de milliers de citoyens. Dans la Grèce du sinistre Tsipras, qui offre ses joues de "gentil garçon de gauche" pour imposer des attaques inédites depuis le gouvernement des Colonels contre les travailleurs et les citoyens (jusqu'à une mise en cause du droit du grève qui vient d'échouer, grâce à une nouvelle forte mobilisation sociale), la police grecque agit de concert avec les fascistes. C'est pour cela que Yannis parle de ce convoi comme le "convoi de tous les dangers".

Prenez connaissance de cette très longue note, dans laquelle Yannis vous donne à voir des photographies sur ce convoi, et évoque notamment la présence du SMP CGT SG, représenté par José, avec la CNT 33, avec Christian. Cet engagement commun prolonge celui entre la CGT et la CNT, par une journée contre la Loi El Khomri, à Langon, en 2016.


Le 8 janvier prochain, aura lieu, au Ciné Rex à la Réole, à 20h30, la diffusion du film d'Eloïse Dubourg, "Récit d'un convoi solidaire en Utopie", en présence de la réalisatrice et de Yannis Youlountas.

mercredi 29 novembre 2017

En Grèce : le témoignage d'un camarade, après 15 jours d'un voyage solidaire, sa découverte d'un massacre social made in UE


















Un camarade de notre Syndicat, soutenu par celui-ci, a participé en novembre 2017 à un convoi en solidarité aux prolétaires grecs (devenus des précaires permanents) et à des réfugiés. Ce projet a connu de très nombreuses difficultés : sur place, la police était omniprésente et elle effectue un travail partial et scandaleux, mais aussi des menaces fascistes, des médias locaux excitant la haine, des agressions, avec un convoyeur hospitalisé, l’arrestation d'un camarade lors de la manif du 17 novembre (voir vidéo), des blessures de plusieurs autres,  auxquelles sont venues s’ajouter des pluies diluviennes (15 morts), avec des inondations. Nos nerfs ont été mis à rude épreuve, mais nous avons réussi : l’ensemble des biens et des dons ont été remis à leurs destinataires. Les livraisons prévues dans les squats occupés par des réfugiés (dont certains sont menacés par des peines de mort dans leur pays, contre leur liberté d’expression) ont permis de ravitailler et sauver financièrement des cuisines sociales et solidaires, ouvertes à toutes et tous (grecs et autres). L’apport financier a permis le maintien de diverses structures autogérées, culturelles, sociales, militantes. Ce convoi a été composé de plusieurs dizaines de véhicules, partis de toutes les régions de France, et d’autres pays (6 nationalités présentes), et malgré l’ adversité  qui a conjugué des forces de l’État grec avec des milices fascistes (qui nous ont surveillé et menacé dès notre entrée en territoire grec, jusqu'à notre destination dans le quartier d'Exarcheia, véritable symbole de la Résistance, sans que les autorités s'y opposent nullement à ses agressions, mais bien au contraire s’en fassent complices), notre engagement a atteint ses objectifs. 


























En Sud Gironde, avec d'autres camarades de lutte, d'action, et ce pour certains ayant des réflexions idéologiques qui ne collent pas à la virgule près avec la CGT mais possédant l'intelligence nécessaire et imposée qui nous conduit à mener des actions dont nous ne pouvons que sortir encore plus grandis et plus forts, un exemple a été donné. Nous pouvons, nous devons, être solidaires, là-bas, comme ici, parce que, partout, nous subissons les mêmes politiques, à des degrés divers. Résister ensemble et unis dans l'essentiel !! Reste que nous devons nous demander : quand sera t-il organisé un rassemblement efficace et unitaire partout ? Quand nos syndicats et organisations politiques comprendront-ils qu’il n'est plus l'heure du chacun pour soi, assis dans un confortable fauteuil dans son beau bureau, à se regarder son propre nombril ? Nous avons besoin de de vraies initiatives qui permettront un véritable changement dans l'organisation de nos instances, dans notre mode de vie, en société, au travail, en famille, histoire simplement d’être heureux, fière, d'oublier le mot ESPOIR, puisque ESPÉRER ce n'est pas être maîtres de nos vies mais qu'attendre que ...  Il y a plusieurs semaines, nous avons publié le texte pour l’appel à la constitution d’un comité des travailleurs. Qu’il s’agisse de ce qui se passe en France comme en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne, etc, nous avons besoin que l’organisation des travailleurs change radicalement la donne en notre faveur. Sinon, sans cela, nous nous trouvons avec la situation des Grecs, «gérée», d’une main de fer quand il s’agit d’aller frapper des manifestants légitimes, par une fausse «gauche» qui a fait croître de manière exponentielle la très grande pauvreté en Grèce, ce que notre camarade a vu de ses propres yeux. Et de cela, les «médias» ne nous parlent pas, mais colportent de temps en temps des brèves élaborées par des agences de presse américaines ou pro-américaines. De France, les citoyens doivent connaître très exactement cette situation grecque, puisque l’objectif des dirigeants européens et d’une partie des politiciens professionnels français est de nous amener à la même situation.

https://grece-aube.fr/ 



dimanche 26 novembre 2017

Le dirigeant d'une entreprise de transport condamné à deux mois de prison avec sursis pour une agression caractérisée

Romain, jeune salarié, a été employé par la société de transport (Transkal), en Gironde, en tant que chauffeur. Il a constaté que, pour lui et d'autres salariés de cette PME, il existait le problème classique, généralisé, d'une rémunération mensuelle
incomplète.L'employeur n'a rien voulu entendre. Il a également constaté que cette entreprise, de plus de 11 salariés, ne disposait pas d'une représentation élue du personnel, malgré son obligation. Il s'est syndiqué à la CGT et, avec notre soutien, il a obtenu qu'une élection se tienne. Il a été candidat - et élu. Une salariée, cadre, proche de l'employeur, a requis l'annulation de ces élections, et a été déboutée. Quand l'employeur a compris que la CGT s'implantait dans l'entreprise, il ne l'a pas supporté et il a tenu, à l'attention de plusieurs salariés, des propos contre la CGT, en disant clairement que ceux qui s'affilieraient à la CGT seraient virés. Dans la foulée, à l'occasion d'une rencontre au sein de l'entreprise, il s'est approché de Romain et il l'a giflé, frappé au visage. Romain a quitté l'entreprise et s'est rendu chez un médecin, pour faire constater les coups. Il a porté plainte, et a été représenté par Me Guédon, avocate à Bordeaux. Il a été mis en arrêt de travail (la CPAM a reconnu "l'accident" de travail). La plainte a été instruite, et l'employeur a été poursuivi devant le Tribunal Correctionnel. Il y a un mois, l'audience s'est tenue. Une peine de deux mois de prison vient de tomber. L'impunité patronale connaîtrait-elle des limites ?! Quand certains voulaient l'abandonner, le syndicat multipro CGT a soutenu Romain tout au long de cette première partie de son combat pour faire reconnaître cette violence patronale.

lundi 20 novembre 2017

Notre soutien à Georges Louis (déclaration complète à lire sur "Lundi Matin")

Déclaration sur ma situation d’inculpé du 10 octobre 2017
Texte en défense devant la 23e chambre du Tribunal correctionnel de Paris
Je suis un syndicaliste. Je milite contre toute forme de précarité et d’exclusion depuis de longues années. Pour moi adhérer à la CGT c’est lutter sans relâche y compris par la grève avec mes camarades de travail contre l’arbitraire patronal. Ces acquis obtenus, nous les défendons avec détermination en manifestant.
Délégué syndical, Trésorier du Comité d’Entreprise et Secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, j’essaye à travers mes engagements d’être digne de ceux qui, par leurs combats durant de longs mois, ont permis la mise en place de ces instances du personnel. Je pense à cet instant aux millions de grévistes en 1936 et en 1968.
Mais aussi à ces syndicalistes devenus résistants dès 1940. Pourchassés, torturés, abattus, déportés, ils n’ont jamais courbé l’échine face au conformisme et à l’apathie générale. En face, un gouvernement collaborateur, une administration complice, un patronat avide de laver l’humiliation de tant de concessions faites durant l’été 36. Souvenons-nous du « plutôt Hitler que le Front Populaire ». La défaite cinglante du fascisme a signifié aussi celle de la collaboration d’intérêts bien compris entre capitalisme et totalitarisme. N’oublions pas certaines fortunes actuelles, constituées par l’accaparement de biens juifs et autres spoliations.
Les conquêtes acquises ensuite dans l’immédiat après-guerre comme la Sécurité Sociale ou le Comité d’Entreprise sont devenus insupportables pour les patrons. C’est 70 ans de trop pour le MEDEF. Allons fainéants, sans rien, sans dents, au boulot jusqu’à la mort ou au mieux jusqu’au fauteuil roulant !
Depuis le 10 octobre je suis considéré comme un violent, un terroriste, un ennemi d’une société en marche. Et pourtant l’an dernier j’ai participé à toutes les manifestations contre la loi travail et je ne fus pas une seule fois interpellé alors que je sais que les policiers sont sur le qui-vive pour procéder à des arrestations en cas de violence...
Or cette violence, d’où vient-t-elle ? Pour ma part je la vois tous les jours : dans la rue, où des pauvres dorment par terre dans l’indifférence générale, où des migrants sont pourchassés comme des poux au lieu d’être considérés comme des réfugiés bénéficiant d’un minimum respect. Violence également lorsque des salariés se suicident sur leurs lieux de travail et sont montrés pas les médias bien-pensants comme des paumés et des dépressifs et non des victimes du monde du travail.
Mais l’État estime que cette violence n’en est pas une. Ces personnes enfreignent la loi ou sont des asociaux donc l’État se dédouane de toute responsabilité comme pour l’entrepreneur licenciant sans vergogne et planquant ses profits dans des paradis fiscaux. Pour ça la loi est muette ou pire elle approuve.
Oui cette véritable violence contre une partie de la population est normale. Se battre pour préserver des acquis sociaux comme le CDI, le CE et la SECUest synonyme de licenciement dans le monde rêvé des ordonnances. Les maîtres des forges triomphent avec leur idéologie néoclassique destructrice de pays et de populations. Une grève, une révolte, les fouteurs de merde seront matés par le gaz lacrymogène et le Flash Ball. Et attention s’ils ne comprennent pas finalement, les policiers équipés de fusil d’assaut guettent. On ne sait jamais avec des terroristes potentiellement déguisés en manifestants ou en grévistes comme l’a dit Gattaz. Moi-même le lendemain de mon arrestation l’OPJ me désigne comme un terroriste : « Vous êtes pires que les terroristes car eux au moins ils revendiquent, pas vous ».
Nous, manifestants transformés en Djihadistes rouges et noir après les « Djihadistes verts ».
Étrange ironie que de me cracher à la figure ce genre d’insulte alors qu’il y a plus de 70 ans mon père Georges Louis était lui aussi désigné comme un terroriste menaçant la bonne marche de la collaboration entre capitalistes et occupants, sauvant des « étrangers » ennemis de la France et autre réfractaires à l’ordre nouveau. Le 22 mars 1944 ce terroriste est arrêté à Paris au 10 rue d’Hauteville par des policiers français, détenus à Fresnes dans une prison française, déporté comme 2 062 résistants et « étrangers » de Compiègne dans un train de la SNCF le 4 juin 1944 en direction de l’Allemagne puis de la Pologne puis de l’Autriche. Tant mieux, un terroriste en moins. La révolution nationale doit se passer d’eux, le préfet de la Gironde Papon peut poursuivre sa noble tâche criminelle avant d’être recyclé en préfet de police et en ministre. Et de poursuivre sa besogne meurtrière contre des centaines d’Algériens le 17 octobre 1961.

jeudi 26 octobre 2017

Pour Christian de Montlibert, la fondation Copernic... et nous, "l’élection de Macron ? le rêve réalisé du MEDEF"




"La réussite électorale de Macron et de son mouvement « En marche » est le produit de forces, matérielles et symboliques,  travaillant la société depuis au moins une quarantaine d’années, (en fait on pourrait commencer cette histoire avec le plan Marshall) qui ont abouti aujourd’hui à occuper la place dominante du  champ politique. Cette accession au pouvoir d’Etat  a pu se concrétiser    grâce à un contexte idéologico social où la gauche de gouvernement n’obtient plus le soutien de son électorat alors que  l’extrême  droite nationaliste gagne en influence. L’équipe Macron a su aussi profiter  d’un contexte électoral particulier (les primaires, l’affaire Fillon) ; La tactique utilisée  a été organisée à partir d’un projet construit comme une entreprise de communication. Adopter ce point de vue implique de ne pas tenir compte de ceux et celles qui ont voté Macron pour éviter Le Pen mais de s’en tenir à  celles et ceux, qui ont eu intérêt à sa réussite et,  particulièrement, à celles et ceux,  «  politiquement actifs » comme le disait Max Weber,  qui ont rallié ou soutenu le mouvement « en marche ». L’hypothèse étant que,  des premiers, directement liés  aux forces économiques qui espéraient et sans doute envisageaient de prendre le pouvoir politique, aux seconds qui ont constitué l’électorat de la présidentielle et des législatives, en passant par celles et ceux qui ont été présentés par les instances dirigeantes de la « République En Marche »,  se retrouvent (plus  affirmées,  moins en contradiction avec d’autres intérêts et points de vue, chez les premiers, moins nettement  chez les seconds) –  les mêmes caractéristiques déterminantes de l’ adhésion.

La victoire électorale de Macron : une  conjonction de deux procès du capitalisme en France

L’accession de Macron à la présidence de la république c’est, à la fois,  la victoire des  forces du capitalisme converti au néolibéralisme et à la mondialisation et la réussite d’un patronat modernisé et modernisateur désireux de reléguer dans un passé jugé dépassé les manières de faire d’un prolétariat mobilisé. Ces deux dimensions s’appuient et se confortent l’une l’autre.
Tout se passe en effet comme si  le capitalisme financier exigeait  d’autres modes de pensée, d’autres catégories,  que les modes de pensée et  les catégories, qui avaient et ont cours dans la « classe ouvrière mobilisée ». Pour le dire autrement, tout se passe comme si  le capitalisme néolibéral nécessitait,  pour fonctionner,  une  organisation de la connaissance du monde social   radicalement différente de celle  qui était mise en pratique dans un capitalisme industriel taylorien-fordiste, soumis à  des normes d’Etat plus ou moins keynésiennes. Dans ces conditions tout se passe comme s’il fallait écarter les porteurs d’un mode de pensée jugé  inadapté.
Corrélativement  le patronat français, soucieux de réduire l’influence du prolétariat mobilisé,  a su  trouver dans le fonctionnement du néo libéralisme un moyen pour espérer  recouvrer sa capacité de domination un moment mise à mal par les conquêtes du salariat mobilisé. Contre le développement d’un « Etat social » qui assurait aux salariés un socle d’amélioration des conditions d’existence et une réduction des inégalités, une meilleure maitrise du temps disponible et une reconnaissance de leur droit d’avoir de droits,  il fallait reprendre l’initiative et engager des politiques régressives.
Non pas que le patronat ignore l histoire au point d’avoir oublié la légitimité  et l importance des syndicats et de la gestion paritaire ni qu’il soit opposé à  des salariés  protégés contre les risques de l’existence ni qu’il n’apprécie pas la qualité de la formation (même s’il souhaiterait qu’elle soit plus adaptée à ses exigences),  bien au contraire,  mais à condition qu’il ne les finance pas : d’ailleurs pour lui les cotisations sont des « charges ».  Or depuis le XIX e siècle la protection sociale repose sur l’idée  que  le capital, utilisant la force de travail, doit  cotiser pour sa production et sa reproduction. Le patronat partage un autre point de vue et défend plutôt l’idée que c’est à chacun de financer sa sécurité ou, moindre mal à ses yeux,  de financer les systèmes de protection par l impôt sur les revenus ce qui revient à dire dans un cas comme dans l’autre que les salariés payeront pour la production et  reproduction de leur force de travail. Passer d’un système de cotisations basées sur le travail et acquitté, pour la plus grande part,  par le capital à un système assis sur les revenus c’est complètement tourner le dos à cent ans de luttes sociales  et de conquêtes.

Première force. Une  victoire des entrepreneurs : la   « Grande  Transformation » du patronat et la « Refondation sociale »

On peut considérer que la dynamique qui permettra l’accession  de Macron à la présidence de la République commence il y 20 ans avec la création  du MEDEF. Ce n’est pas un hasard si le Président de la République a fait de la réforme du droit du travail son premier chantier. Et ce n’est pas un hasard si  Premier ministre pour parler des ordonnances sur le droit du travail a utilisé l’expression de « grande transformation ». Sans traiter  des filiations idéologico –politiques de Macron (il faudrait remonter aux prises de positions de Jacques Delors, de Michel Rocard, de Dominique Strauss-Kahn et d’autres pour ce faire) il est nécessaire pour le comprendre de s’arrêter  aux transformations de la conscience de soi des instances patronales dont le changement de nom est le meilleur indice.
Cette transformation s’est effectuée le 27 octobre 1998 et immédiatement a fait de la transformation du droit du travail un de ses chevaux de bataille.  Changer d’identité en passant du  « Patronat » aux « Entrepreneurs »  (du CNPF au MEDEF) est en effet  une pratique chargée de significations :  d’abord  c’est l’abandon du terme patron qui implique à la fois un rapport de domination ( le maître chargé du commandement, dit Littré), et un rapport de paternalisme ( le patron -père étant le modèle et le protecteur) pour le mot d’entrepreneur qui valorise l’initiative et le profit ( celui ou celle qui a des projets et s’efforce de les réaliser et aussi celui ou celle qui exploite un produit pour son compte), ensuite c’est le passage du singulier au pluriel supposant une unité des points de vue et des manières de faire des dirigeants de l’économie au profit d’une diversité  des intérêts et des prises de position. Sociologiquement parlant cette diversification est importante car elle signifie que des univers économiques,  avec leurs manières de faire et leurs règles propres,  se constituent et peuvent diverger dans l’appréhension de leurs intérêts immédiats. Cette nouvelle organisation de la division du travail économique, dans laquelle la financiarisation s’autonomise, guide les orientations des « entrepreneurs » qui veulent,  à leur exemple, que le monde social deviennent un monde d’individus en concurrence les uns avec les autres sans organisations collectives autres que celles d’un intérêt toujours provisoire. Soit pour le dire autrement que l’on passe d’un système social basé sur des communautés de travailleurs cherchant à améliorer collectivement  leurs conditions d’existence à des associations de salariés individualisés défendant leurs intérêts particuliers.
L’attaque contre un droit du travail cristallisé dans la loi ne se fait donc pas au hasard mais vise à réaliser systématiquement une philosophie politique. Deux prises de position en témoignent très explicitement : les déclarations de janvier 1999 lors de l’assemblée générale constitutive du groupement des « entrepreneurs » et les propos tenus par les responsables du MEDEF,  Seillière et Kessler,  lors de l’université d’été du Medef en Août 2003.
Les déclarations de 1999 font référence à une « nouvelle constitution sociale ». Elles reposent sur une dépréciation de la démocratie parlementaire qui impose par la loi trop de contraintes. L’expression de « nouvelle constitution sociale », sans doute très consciemment choisie, implique que la loi serait subordonnée aux accords passés dans les entreprises avec les représentants de la « société civile ». Ainsi la « hiérarchie des normes », qui veut qu’un accord de « branche » et à fortiori un accord d’entreprise ne soient acceptés que s’ils offrent des avantages supérieurs à ceux de la loi, gêne trop le patronat pour qu’il ne souhaite pas sa disparition. Il s’agit bien d’une véritable révolution politique puisque un contrat signé entre des parties censées représenter la société civile l’emporterait sur la loi votée par les représentants élus du peuple. Dans cette conception politique pour la moins confuse (qui sont ces représentants de la société civile ?) le parlement perd l’initiative de toute loi contraire aux intérêts du patronat. Il ne garde sa capacité législative que pour entériner des accords utiles aux intérêts des entrepreneurs. Pour bien se faire comprendre sans doute le Medef est revenu sur cette question politique en Août 2003 lors de sa session d’été, placée sous l’égide de la « Grande Transformation ».
Pour eux, une nouvelle organisation du pouvoir politique est possible. Le système de domination manageriocratique dont ils rêvent appelle une « nouvelle gouvernance » qui repose sur des contrats passés avec les représentants de la société civile plus que sur la loi et s’affranchit, comme ils l’écrivent, « des constitutions, des élections, de la politique elle-même ». La grande transformation à laquelle travaillent les responsables du MEDEF passe donc par une sorte de « coup d’Etat » rien moins que révolutionnaire puisqu’il aboutit à remiser les institutions politiques actuelles. Dans ce cas on peut parler justement de « révolution conservatrice ». Il est vrai qu’ils ont l’appui des sectateurs les plus acharnés du néo-libéralisme qui souhaitent que  l’Etat devienne  « modeste », réduisant comme peau de chagrin son aire d’intervention. Réduction d’ailleurs indispensable si l’on suspecte la démocratie parlementaire de dépenses indues, et, surtout, si pour améliorer la compétitivité, dans la lutte concurrentielle qu’entraîne la globalisation, on juge nécessaire de démanteler des politiques sociales trop coûteuses pour ne pas grever les profits.
Que les salarié(e)s deviennent  « entrepreneurs » de leur emploi, eux aussi, comme le souhaitent les tenants de la  « refondation », serait déjà, on en conviendra, une  grande transformation !  Car c’est bien d’entreprise et de prise de risque dont il s’agit. Si le patronat a disparu et se voit remplacé par des entrepreneurs, le salariat ne peut plus exister et doit à son tour devenir une collection d’individus soucieux eux aussi de maximiser leur intérêt en prenant les risques nécessaires à la réussite du « cœur » de leur entreprise : être employable. En somme pour le Medef le monde social devient une suite de contrats entre « entrepreneurs » différemment équipés : le salariat n’existe plus. Ceci implique bien sur de transformer  en le réduisant  le droit du travail  Supprimer ce droit c’est ouvrir la porte à toutes les régressions sociales car il n’y a pas plus de raisons pour demain, ne pas soumettre le versement des autres formes de salaire différé (indemnités de maladie, retraite, cotisations ouvrant la formation continue…) à la contractualisation individualisée qu’il n’y a de raisons à maintenir les cotisations patronales à un taux suffisant pour couvrir un droit qui n’existerait plus. Cette volonté politique autorise la mise en place de pratiques qui, divisent les collectifs et individualisent toujours plus. L’expression du Medef « refondation sociale » a été une inversion de la réalité ; en fait c’est de démolition sociale qu’il s’agissait.
L’attaque contre un droit du travail cristallisé dans la loi vise à réaliser systématiquement une philosophie politique particulière. Voir dans le droit du travail – fortement contradictoire, tiraillé qu’il est entre un droit privé et un droit public, une sorte de cadre intangible des relations de travail serait en effet une erreur. Le droit du travail est plus que les autres droits marqués par son histoire : les rapports sociaux en déterminent les formes, les avancées et les reculs – politique et économie y sont plus qu’ailleurs étroitement mêlés.  Reste que, fondamentalement, le droit du travail met en place des systèmes de régulation qui assurent aux individus qu’ils ne sont pas des pièces totalement interchangeables sur un marché du travail totalement libéralisé. S’attaquer au droit du travail c’est s’en prendre aux mécanismes que le groupe des salariés à mis en place pour retrouver une maîtrise de l’échange sur le marché très particulier qu’est le marché du travail.
L’attaque contre le droit du travail – énoncée dans les déclarations de janvier 1999  lors de la création du MEDEF, puis  reprise dans  les propos tenus par Mrs Seillière et Kessler lors de l’université d’été du Medef en Août 2003 –   a commandé les orientations de deux rapports remis au gouvernement  en 2004 et en 2005. Le rapport Virville, (à l époque directeur des ressources humaines de l’entreprise Renault),  qui  avait été précédé d’un rapport établi par Camdessus (ancien directeur du FMI), est à ce titre des plus significatifs. Pour faciliter « la liberté totale de circulation des capitaux » dans une « zone de libre échange où la concurrence est libre » ce texte insiste sur le fait que la main d’œuvre doit être « formée, flexible et adaptable » (comme bien d’autres avant lui tant la doxa des classes dirigeants a d’autant plus de chances d’être entendue qu’elle est répétée à l’infini), mais allant plus loin encore ce rapport affirme nécessaire de revoir les frontières qui,  jusqu’alors,  séparaient le travail indépendant du travail salarié et propose « aux usagers du droit du travail de choisir dans quel régime juridique ils souhaitent inscrire leur relation ». Il suffirait que le travailleur choisisse le statut d’indépendant pour que le rêve du Medef d’une société d’entrepreneurs devienne réalité ! Il faut souligner qu’ici « le bénéficiaire du droit »  devient « un usager du droit ». Derrière ce changement de mot (de bénéficiaire à usager) se cache un changement complet de conception du monde : le travailleur peut choisir en fonction de son intérêt tel ou tel statut. Le collectif du salariat se dissout dans une collection d’individus d’autant plus concurrentiels qu’atomisés.
Mais le MEDEF ne s’en tenait pas là,  il lui fallait, pour assurer la « refondation sociale qu’il souhaitait,  réduire le nombre de fonctionnaires et  ramener les autres au travail et  « à la réalité »,  égarés  qu’ils étaient sans doute dans les fantasmes d’un délire paranoïaque suspectant l’entrepreneur et le libéralisme de tous les maux. Ce nouveau système n’aura pourtant toute son efficacité qu’autant qu’il parviendra à rétablir l’ordre dans l’école non seulement en permettant, à côté des savoirs, de favoriser l’apprentissage de « savoir faire » utiles, (les compétences exigées par les postes de travail),  mais surtout en inculquant un « savoir être » pétri « d’esprit d’entreprise ».  Il exige ensuite, dans les relations salariales, un nécessaire changement « de ton »privilégiant l’individualisme et la subjectivité  et valorisant,  non le conflit (sous entendu la lutte des classes), mais  un  dialogue respectueux des « partenaires » (sous entendu associés, co-équipiers et non pas adversaires…).
En attendant que cette nouvelle philosophie politique soit mise en place – ce à quoi la présidence de Macron devrait s’employer- le patronat a entrepris, ici et là, de contourner le droit du travail et, ailleurs, d’obtenir des dérogations. La multiplication des contrats de courte durée, de l’intérim, du travail à temps partiel a de nombreux avantages dont ceux de limiter dans le temps les engagements (la durée du contrat prévue d’avance dispense du versement d’indemnité de rupture) ; de remplacer le contrat de travail par un contrat commercial avec une société d’intérim ; de diminuer le nombre d’heures supplémentaire (avec la modulation des horaires en temps partiel) et même de ne plus apparaître comme employeur avec l’externalisation d’activité réintégré par la suite dans un contrat de location. Ainsi la fiction d’un marché du travail libre de toutes entraves, donc flexible, devient lentement la réalité et disloque les collectifs et le statut de salarié. L’ « uberisation »  est l’avenir !

Deuxième force. Une victoire du néo libéralisme.