Un
camarade de notre Syndicat, soutenu par celui-ci, a participé en
novembre 2017 à un convoi en solidarité aux prolétaires grecs
(devenus
des précaires permanents)
et à des réfugiés. Ce projet a connu de très nombreuses
difficultés : sur place, la police était omniprésente et elle
effectue un travail partial et scandaleux, mais aussi des menaces
fascistes, des médias locaux excitant la haine, des agressions, avec
un convoyeur hospitalisé, l’arrestation d'un camarade lors de la
manif du 17 novembre (voir vidéo), des
blessures
de plusieurs autres, auxquelles sont venues s’ajouter des
pluies diluviennes (15
morts),
avec des inondations. Nos nerfs ont été mis à rude épreuve, mais
nous avons réussi : l’ensemble des biens et des dons ont été
remis à leurs destinataires. Les livraisons prévues dans les
squats occupés par des réfugiés (dont certains sont menacés
par des peines de mort dans leur pays, contre leur liberté
d’expression) ont permis de ravitailler et sauver
financièrement des
cuisines sociales et solidaires, ouvertes
à toutes et tous (grecs et autres).
L’apport financier a permis le maintien de diverses structures
autogérées, culturelles, sociales, militantes. Ce convoi a été
composé de plusieurs dizaines de véhicules, partis de toutes les
régions de France, et d’autres pays (6 nationalités présentes),
et malgré l’ adversité qui a conjugué des forces de l’État
grec avec des milices fascistes (qui
nous ont surveillé et menacé dès notre entrée en territoire
grec, jusqu'à
notre destination dans le quartier d'Exarcheia, véritable symbole
de la Résistance, sans que les autorités s'y opposent
nullement à ses agressions, mais bien au contraire s’en
fassent complices),
notre engagement a atteint ses objectifs.
En Sud Gironde, avec
d'autres camarades de lutte, d'action, et ce pour certains ayant des
réflexions idéologiques qui ne collent pas à la virgule près
avec la CGT mais possédant l'intelligence nécessaire et
imposée qui nous conduit à mener des actions dont nous ne pouvons
que sortir encore plus grandis et plus forts, un exemple a été donné.
Nous pouvons, nous devons, être solidaires, là-bas, comme ici,
parce que, partout, nous subissons les mêmes politiques, à des
degrés divers. Résister ensemble et unis dans l'essentiel !!
Reste que nous devons nous demander : quand sera t-il organisé
un rassemblement efficace et unitaire partout ? Quand nos syndicats
et organisations politiques comprendront-ils qu’il n'est plus
l'heure du chacun pour soi, assis dans un confortable fauteuil dans
son beau bureau, à se regarder son propre nombril ? Nous avons
besoin de de vraies initiatives qui permettront un
véritable changement dans l'organisation de nos instances, dans
notre mode de vie, en société, au travail, en famille, histoire
simplement d’être heureux, fière, d'oublier le mot ESPOIR,
puisque ESPÉRER ce n'est pas être maîtres de nos vies
mais qu'attendre que ... Il y a plusieurs semaines, nous avons
publié le texte pour l’appel à la constitution d’un comité des
travailleurs. Qu’il s’agisse de ce qui se passe en France comme
en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Allemagne, etc,
nous avons besoin que l’organisation des travailleurs change
radicalement la donne en notre faveur. Sinon, sans cela, nous nous
trouvons avec la situation des Grecs, «gérée», d’une main de
fer quand il s’agit d’aller frapper des manifestants légitimes,
par une fausse «gauche» qui a fait croître de manière
exponentielle la très grande pauvreté en Grèce, ce que notre
camarade a vu de ses propres yeux. Et de cela, les «médias» ne
nous parlent pas, mais colportent de temps en temps des brèves
élaborées par des agences de presse américaines ou
pro-américaines. De France, les citoyens doivent connaître très
exactement cette situation grecque, puisque l’objectif des
dirigeants européens et d’une partie des politiciens
professionnels français est de nous amener à la même situation.
Romain, jeune salarié, a été employé par la société de transport (Transkal), en Gironde, en tant que chauffeur. Il a constaté que, pour lui et d'autres salariés de cette PME, il existait le problème classique, généralisé, d'une rémunération mensuelle
incomplète.L'employeur n'a rien voulu entendre. Il a également constaté que cette entreprise, de plus de 11 salariés, ne disposait pas d'une représentation élue du personnel, malgré son obligation. Il s'est syndiqué à la CGT et, avec notre soutien, il a obtenu qu'une élection se tienne. Il a été candidat - et élu. Une salariée, cadre, proche de l'employeur, a requis l'annulation de ces élections, et a été déboutée. Quand l'employeur a compris que la CGT s'implantait dans l'entreprise, il ne l'a pas supporté et il a tenu, à l'attention de plusieurs salariés, des propos contre la CGT, en disant clairement que ceux qui s'affilieraient à la CGT seraient virés. Dans la foulée, à l'occasion d'une rencontre au sein de l'entreprise, il s'est approché de Romain et il l'a giflé, frappé au visage. Romain a quitté l'entreprise et s'est rendu chez un médecin, pour faire constater les coups. Il a porté plainte, et a été représenté par Me Guédon, avocate à Bordeaux. Il a été mis en arrêt de travail (la CPAM a reconnu "l'accident" de travail). La plainte a été instruite, et l'employeur a été poursuivi devant le Tribunal Correctionnel. Il y a un mois, l'audience s'est tenue. Une peine de deux mois de prison vient de tomber. L'impunité patronale connaîtrait-elle des limites ?! Quand certains voulaient l'abandonner, le syndicat multipro CGT a soutenu Romain tout au long de cette première partie de son combat pour faire reconnaître cette violence patronale.
Déclaration sur ma situation d’inculpé du 10 octobre 2017
Texte en défense devant la 23echambre du Tribunal correctionnel de Paris
Je suis un syndicaliste. Je milite contre toute forme de précarité et d’exclusion depuis de longues années. Pour moi adhérer à laCGTc’est lutter sans relâche y compris par la grève avec mes camarades de travail contre l’arbitraire patronal. Ces acquis obtenus, nous les défendons avec détermination en manifestant.
Délégué syndical, Trésorier du Comité d’Entreprise et Secrétaire du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail, j’essaye à travers mes engagements d’être digne de ceux qui, par leurs combats durant de longs mois, ont permis la mise en place de ces instances du personnel. Je pense à cet instant aux millions de grévistes en 1936 et en 1968.
Mais aussi à ces syndicalistes devenus résistants dès 1940. Pourchassés, torturés, abattus, déportés, ils n’ont jamais courbé l’échine face au conformisme et à l’apathie générale. En face, un gouvernement collaborateur, une administration complice, un patronat avide de laver l’humiliation de tant de concessions faites durant l’été 36. Souvenons-nous du « plutôt Hitler que le Front Populaire ». La défaite cinglante du fascisme a signifié aussi celle de la collaboration d’intérêts bien compris entre capitalisme et totalitarisme. N’oublions pas certaines fortunes actuelles, constituées par l’accaparement de biens juifs et autres spoliations.
Les conquêtes acquises ensuite dans l’immédiat après-guerre comme la Sécurité Sociale ou le Comité d’Entreprise sont devenus insupportables pour les patrons. C’est 70 ans de trop pour leMEDEF. Allons fainéants, sans rien, sans dents, au boulot jusqu’à la mort ou au mieux jusqu’au fauteuil roulant !
Depuis le 10 octobre je suis considéré comme un violent, un terroriste, un ennemi d’une société en marche. Et pourtant l’an dernier j’ai participé à toutes les manifestations contre la loi travail et je ne fus pas une seule fois interpellé alors que je sais que les policiers sont sur le qui-vive pour procéder à des arrestations en cas de violence...
Or cette violence, d’où vient-t-elle ? Pour ma part je la vois tous les jours : dans la rue, où des pauvres dorment par terre dans l’indifférence générale, où des migrants sont pourchassés comme des poux au lieu d’être considérés comme des réfugiés bénéficiant d’un minimum respect. Violence également lorsque des salariés se suicident sur leurs lieux de travail et sont montrés pas les médias bien-pensants comme des paumés et des dépressifs et non des victimes du monde du travail.
Mais l’État estime que cette violence n’en est pas une. Ces personnes enfreignent la loi ou sont des asociaux donc l’État se dédouane de toute responsabilité comme pour l’entrepreneur licenciant sans vergogne et planquant ses profits dans des paradis fiscaux. Pour ça la loi est muette ou pire elle approuve.
Oui cette véritable violence contre une partie de la population est normale. Se battre pour préserver des acquis sociaux comme leCDI, leCEet laSECUest synonyme de licenciement dans le monde rêvé des ordonnances. Les maîtres des forges triomphent avec leur idéologie néoclassique destructrice de pays et de populations. Une grève, une révolte, les fouteurs de merde seront matés par le gaz lacrymogène et le Flash Ball. Et attention s’ils ne comprennent pas finalement, les policiers équipés de fusil d’assaut guettent. On ne sait jamais avec des terroristes potentiellement déguisés en manifestants ou en grévistes comme l’a dit Gattaz. Moi-même le lendemain de mon arrestation l’OPJme désigne comme un terroriste : « Vous êtes pires que les terroristes car eux au moins ils revendiquent, pas vous ».
Nous, manifestants transformés enDjihadistesrouges et noir après les « Djihadistes verts ».
Étrange ironie que de me cracher à la figure ce genre d’insulte alors qu’il y a plus de 70 ans mon père Georges Louis était lui aussi désigné comme un terroriste menaçant la bonne marche de la collaboration entre capitalistes et occupants, sauvant des « étrangers » ennemis de la France et autre réfractaires à l’ordre nouveau. Le 22 mars 1944 ce terroriste est arrêté à Paris au 10 rue d’Hauteville par des policiers français, détenus à Fresnes dans une prison française, déporté comme 2 062 résistants et « étrangers » de Compiègne dans un train de laSNCFle 4 juin 1944 en direction de l’Allemagne puis de la Pologne puis de l’Autriche. Tant mieux, un terroriste en moins. La révolution nationale doit se passer d’eux, le préfet de la Gironde Papon peut poursuivre sa noble tâche criminelle avant d’être recyclé en préfet de police et en ministre. Et de poursuivre sa besogne meurtrière contre des centaines d’Algériens le 17 octobre 1961.
"La
réussite électorale de Macron et de son mouvement « En marche » est le
produit de forces, matérielles et symboliques, travaillant la société
depuis au moins une quarantaine d’années, (en fait on pourrait commencer
cette histoire avec le plan Marshall) qui ont abouti aujourd’hui à
occuper la place dominante du champ politique. Cette accession au
pouvoir d’Etat a pu se concrétiser grâce à un contexte idéologico
social où la gauche de gouvernement n’obtient plus le soutien de son
électorat alors que l’extrême droite nationaliste gagne en influence.
L’équipe Macron a su aussi profiter d’un contexte électoral particulier
(les primaires, l’affaire Fillon) ; La tactique utilisée a été
organisée à partir d’un projet construit comme une entreprise de
communication. Adopter ce point de vue implique de ne pas tenir compte
de ceux et celles qui ont voté Macron pour éviter Le Pen mais de s’en
tenir à celles et ceux, qui ont eu intérêt à sa réussite et,
particulièrement, à celles et ceux, « politiquement actifs » comme le
disait Max Weber, qui ont rallié ou soutenu le mouvement « en marche ».
L’hypothèse étant que, des premiers, directement liés aux forces
économiques qui espéraient et sans doute envisageaient de prendre le
pouvoir politique, aux seconds qui ont constitué l’électorat de la
présidentielle et des législatives, en passant par celles et ceux qui
ont été présentés par les instances dirigeantes de la « République En
Marche », se retrouvent (plus affirmées, moins en contradiction avec
d’autres intérêts et points de vue, chez les premiers, moins nettement
chez les seconds) – les mêmes caractéristiques déterminantes de l’
adhésion.
La victoire électorale de Macron : une conjonction de deux procès du capitalisme en France
L’accession de Macron à la présidence de la république c’est, à la
fois, la victoire des forces du capitalisme converti au néolibéralisme
et à la mondialisation et la réussite d’un patronat modernisé et
modernisateur désireux de reléguer dans un passé jugé dépassé les
manières de faire d’un prolétariat mobilisé. Ces deux dimensions
s’appuient et se confortent l’une l’autre.
Tout se passe en effet comme si le capitalisme financier exigeait
d’autres modes de pensée, d’autres catégories, que les modes de pensée
et les catégories, qui avaient et ont cours dans la « classe ouvrière
mobilisée ». Pour le dire autrement, tout se passe comme si le
capitalisme néolibéral nécessitait, pour fonctionner, une
organisation de la connaissance du monde social radicalement
différente de celle qui était mise en pratique dans un capitalisme
industriel taylorien-fordiste, soumis à des normes d’Etat plus ou moins
keynésiennes. Dans ces conditions tout se passe comme s’il fallait
écarter les porteurs d’un mode de pensée jugé inadapté.
Corrélativement le patronat français, soucieux de réduire
l’influence du prolétariat mobilisé, a su trouver dans le
fonctionnement du néo libéralisme un moyen pour espérer recouvrer sa
capacité de domination un moment mise à mal par les conquêtes du
salariat mobilisé. Contre le développement d’un « Etat social » qui
assurait aux salariés un socle d’amélioration des conditions d’existence
et une réduction des inégalités, une meilleure maitrise du temps
disponible et une reconnaissance de leur droit d’avoir de droits, il
fallait reprendre l’initiative et engager des politiques régressives.
Non pas que le patronat ignore l histoire au point d’avoir oublié la
légitimité et l importance des syndicats et de la gestion paritaire ni
qu’il soit opposé à des salariés protégés contre les risques de
l’existence ni qu’il n’apprécie pas la qualité de la formation (même
s’il souhaiterait qu’elle soit plus adaptée à ses exigences), bien au
contraire, mais à condition qu’il ne les finance pas : d’ailleurs pour
lui les cotisations sont des « charges ». Or depuis le XIX e siècle la
protection sociale repose sur l’idée que le capital, utilisant la
force de travail, doit cotiser pour sa production et sa reproduction.
Le patronat partage un autre point de vue et défend plutôt l’idée que
c’est à chacun de financer sa sécurité ou, moindre mal à ses yeux, de
financer les systèmes de protection par l impôt sur les revenus ce qui
revient à dire dans un cas comme dans l’autre que les salariés payeront
pour la production et reproduction de leur force de travail. Passer
d’un système de cotisations basées sur le travail et acquitté, pour la
plus grande part, par le capital à un système assis sur les revenus
c’est complètement tourner le dos à cent ans de luttes sociales et de
conquêtes.
Première force. Une victoire des entrepreneurs : la « Grande Transformation » du patronat et la « Refondation sociale »
On peut considérer que la dynamique qui permettra l’accession de
Macron à la présidence de la République commence il y 20 ans avec la
création du MEDEF. Ce n’est pas un hasard si le Président de la
République a fait de la réforme du droit du travail son premier
chantier. Et ce n’est pas un hasard si Premier ministre pour parler des
ordonnances sur le droit du travail a utilisé l’expression de « grande
transformation ». Sans traiter des filiations idéologico –politiques de
Macron (il faudrait remonter aux prises de positions de Jacques Delors,
de Michel Rocard, de Dominique Strauss-Kahn et d’autres pour ce faire)
il est nécessaire pour le comprendre de s’arrêter aux transformations
de la conscience de soi des instances patronales dont le changement de
nom est le meilleur indice.
Cette transformation s’est effectuée le 27 octobre 1998 et
immédiatement a fait de la transformation du droit du travail un de ses
chevaux de bataille. Changer d’identité en passant du « Patronat » aux
« Entrepreneurs » (du CNPF au MEDEF) est en effet une pratique
chargée de significations : d’abord c’est l’abandon du terme patron
qui implique à la fois un rapport de domination ( le maître chargé du
commandement, dit Littré), et un rapport de paternalisme ( le patron
-père étant le modèle et le protecteur) pour le mot d’entrepreneur qui
valorise l’initiative et le profit ( celui ou celle qui a des projets et
s’efforce de les réaliser et aussi celui ou celle qui exploite un
produit pour son compte), ensuite c’est le passage du singulier au
pluriel supposant une unité des points de vue et des manières de faire
des dirigeants de l’économie au profit d’une diversité des intérêts et
des prises de position. Sociologiquement parlant cette diversification
est importante car elle signifie que des univers économiques, avec
leurs manières de faire et leurs règles propres, se constituent et
peuvent diverger dans l’appréhension de leurs intérêts immédiats. Cette
nouvelle organisation de la division du travail économique, dans
laquelle la financiarisation s’autonomise, guide les orientations des
« entrepreneurs » qui veulent, à leur exemple, que le monde social
deviennent un monde d’individus en concurrence les uns avec les autres
sans organisations collectives autres que celles d’un intérêt toujours
provisoire. Soit pour le dire autrement que l’on passe d’un système
social basé sur des communautés de travailleurs cherchant à améliorer
collectivement leurs conditions d’existence à des associations de
salariés individualisés défendant leurs intérêts particuliers.
L’attaque contre un droit du travail cristallisé dans la loi ne se
fait donc pas au hasard mais vise à réaliser systématiquement une
philosophie politique. Deux prises de position en témoignent très
explicitement : les déclarations de janvier 1999 lors de l’assemblée
générale constitutive du groupement des « entrepreneurs » et les propos
tenus par les responsables du MEDEF, Seillière et Kessler, lors de
l’université d’été du Medef en Août 2003.
Les déclarations de 1999 font référence à une « nouvelle constitution
sociale ». Elles reposent sur une dépréciation de la démocratie
parlementaire qui impose par la loi trop de contraintes. L’expression de
« nouvelle constitution sociale », sans doute très consciemment
choisie, implique que la loi serait subordonnée aux accords passés dans
les entreprises avec les représentants de la « société civile ». Ainsi
la « hiérarchie des normes », qui veut qu’un accord de « branche » et à
fortiori un accord d’entreprise ne soient acceptés que s’ils offrent des
avantages supérieurs à ceux de la loi, gêne trop le patronat pour qu’il
ne souhaite pas sa disparition. Il s’agit bien d’une véritable
révolution politique puisque un contrat signé entre des parties censées
représenter la société civile l’emporterait sur la loi votée par les
représentants élus du peuple. Dans cette conception politique pour la
moins confuse (qui sont ces représentants de la société civile ?) le
parlement perd l’initiative de toute loi contraire aux intérêts du
patronat. Il ne garde sa capacité législative que pour entériner des
accords utiles aux intérêts des entrepreneurs. Pour bien se faire
comprendre sans doute le Medef est revenu sur cette question politique
en Août 2003 lors de sa session d’été, placée sous l’égide de la
« Grande Transformation ».
Pour eux, une nouvelle organisation du pouvoir politique est
possible. Le système de domination manageriocratique dont ils rêvent
appelle une « nouvelle gouvernance » qui repose sur des contrats passés
avec les représentants de la société civile plus que sur la loi et
s’affranchit, comme ils l’écrivent, « des constitutions, des élections,
de la politique elle-même ». La grande transformation à laquelle
travaillent les responsables du MEDEF passe donc par une sorte de « coup
d’Etat » rien moins que révolutionnaire puisqu’il aboutit à remiser les
institutions politiques actuelles. Dans ce cas on peut parler justement
de « révolution conservatrice ». Il est vrai qu’ils ont l’appui des
sectateurs les plus acharnés du néo-libéralisme qui souhaitent que
l’Etat devienne « modeste », réduisant comme peau de chagrin son aire
d’intervention. Réduction d’ailleurs indispensable si l’on suspecte la
démocratie parlementaire de dépenses indues, et, surtout, si pour
améliorer la compétitivité, dans la lutte concurrentielle qu’entraîne la
globalisation, on juge nécessaire de démanteler des politiques sociales
trop coûteuses pour ne pas grever les profits.
Que les salarié(e)s deviennent « entrepreneurs » de leur emploi, eux
aussi, comme le souhaitent les tenants de la « refondation », serait
déjà, on en conviendra, une grande transformation ! Car c’est bien
d’entreprise et de prise de risque dont il s’agit. Si le patronat a
disparu et se voit remplacé par des entrepreneurs, le salariat ne peut
plus exister et doit à son tour devenir une collection d’individus
soucieux eux aussi de maximiser leur intérêt en prenant les risques
nécessaires à la réussite du « cœur » de leur entreprise : être
employable. En somme pour le Medef le monde social devient une suite de
contrats entre « entrepreneurs » différemment équipés : le salariat
n’existe plus. Ceci implique bien sur de transformer en le réduisant
le droit du travail Supprimer ce droit c’est ouvrir la porte à toutes
les régressions sociales car il n’y a pas plus de raisons pour demain,
ne pas soumettre le versement des autres formes de salaire différé
(indemnités de maladie, retraite, cotisations ouvrant la formation
continue…) à la contractualisation individualisée qu’il n’y a de raisons
à maintenir les cotisations patronales à un taux suffisant pour couvrir
un droit qui n’existerait plus. Cette volonté politique autorise la
mise en place de pratiques qui, divisent les collectifs et
individualisent toujours plus. L’expression du Medef « refondation
sociale » a été une inversion de la réalité ; en fait c’est de
démolition sociale qu’il s’agissait.
L’attaque contre un droit du travail cristallisé dans la loi vise à
réaliser systématiquement une philosophie politique particulière. Voir
dans le droit du travail – fortement contradictoire, tiraillé qu’il est
entre un droit privé et un droit public, une sorte de cadre intangible
des relations de travail serait en effet une erreur. Le droit du travail
est plus que les autres droits marqués par son histoire : les rapports
sociaux en déterminent les formes, les avancées et les reculs –
politique et économie y sont plus qu’ailleurs étroitement mêlés. Reste
que, fondamentalement, le droit du travail met en place des systèmes de
régulation qui assurent aux individus qu’ils ne sont pas des pièces
totalement interchangeables sur un marché du travail totalement
libéralisé. S’attaquer au droit du travail c’est s’en prendre aux
mécanismes que le groupe des salariés à mis en place pour retrouver une
maîtrise de l’échange sur le marché très particulier qu’est le marché du
travail.
L’attaque contre le droit du travail – énoncée dans les déclarations
de janvier 1999 lors de la création du MEDEF, puis reprise dans les
propos tenus par Mrs Seillière et Kessler lors de l’université d’été du
Medef en Août 2003 – a commandé les orientations de deux rapports
remis au gouvernement en 2004 et en 2005. Le rapport Virville, (à l
époque directeur des ressources humaines de l’entreprise Renault), qui
avait été précédé d’un rapport établi par Camdessus (ancien directeur
du FMI), est à ce titre des plus significatifs. Pour faciliter « la
liberté totale de circulation des capitaux » dans une « zone de libre
échange où la concurrence est libre » ce texte insiste sur le fait que
la main d’œuvre doit être « formée, flexible et adaptable » (comme bien
d’autres avant lui tant la doxa des classes dirigeants a d’autant plus
de chances d’être entendue qu’elle est répétée à l’infini), mais allant
plus loin encore ce rapport affirme nécessaire de revoir les frontières
qui, jusqu’alors, séparaient le travail indépendant du travail salarié
et propose « aux usagers du droit du travail de choisir dans quel
régime juridique ils souhaitent inscrire leur relation ». Il suffirait
que le travailleur choisisse le statut d’indépendant pour que le rêve du
Medef d’une société d’entrepreneurs devienne réalité ! Il faut
souligner qu’ici « le bénéficiaire du droit » devient « un usager du
droit ». Derrière ce changement de mot (de bénéficiaire à usager) se
cache un changement complet de conception du monde : le travailleur peut
choisir en fonction de son intérêt tel ou tel statut. Le collectif du
salariat se dissout dans une collection d’individus d’autant plus
concurrentiels qu’atomisés.
Mais le MEDEF ne s’en tenait pas là, il lui fallait, pour assurer la
« refondation sociale qu’il souhaitait, réduire le nombre de
fonctionnaires et ramener les autres au travail et « à la réalité »,
égarés qu’ils étaient sans doute dans les fantasmes d’un délire
paranoïaque suspectant l’entrepreneur et le libéralisme de tous les
maux. Ce nouveau système n’aura pourtant toute son efficacité qu’autant
qu’il parviendra à rétablir l’ordre dans l’école non seulement en
permettant, à côté des savoirs, de favoriser l’apprentissage de « savoir
faire » utiles, (les compétences exigées par les postes de travail),
mais surtout en inculquant un « savoir être » pétri « d’esprit
d’entreprise ». Il exige ensuite, dans les relations salariales, un
nécessaire changement « de ton »privilégiant l’individualisme et la
subjectivité et valorisant, non le conflit (sous entendu la lutte des
classes), mais un dialogue respectueux des « partenaires » (sous
entendu associés, co-équipiers et non pas adversaires…).
En attendant que cette nouvelle philosophie politique soit mise en
place – ce à quoi la présidence de Macron devrait s’employer- le
patronat a entrepris, ici et là, de contourner le droit du travail et,
ailleurs, d’obtenir des dérogations. La multiplication des contrats de
courte durée, de l’intérim, du travail à temps partiel a de nombreux
avantages dont ceux de limiter dans le temps les engagements (la durée
du contrat prévue d’avance dispense du versement d’indemnité de
rupture) ; de remplacer le contrat de travail par un contrat commercial
avec une société d’intérim ; de diminuer le nombre d’heures
supplémentaire (avec la modulation des horaires en temps partiel) et
même de ne plus apparaître comme employeur avec l’externalisation
d’activité réintégré par la suite dans un contrat de location. Ainsi la
fiction d’un marché du travail libre de toutes entraves, donc flexible,
devient lentement la réalité et disloque les collectifs et le statut de
salarié. L’ « uberisation » est l’avenir !
Le 19 Octobre, la CGT appelait à continuer la mobilisation contre les ordonnances Travail, sur le même mode que précédemment, une marche en circuit court et fermé. Cette forme de "mobilisation" univoque est inefficace, dépassée. En outre, la CGT a laissé faire la préparation de journées séparées. Nous devons apparemment le rappeler :la CGT est une confédération - un rassemblement de fédérations, dans une logique inter-professionnel. Nous savons que c'est l'association des professions qui fait notre Histoire et notre force. L'éclatement des mobilisations est un cadeau pour le patronat et le pouvoir. Les dirigeants de la CGT doivent cesser d'être dans les incantations identitaires classiques, et écouter la base, qui réclame l'unité d'action - et pas l'unité avec toutes et tous, comme avec la CFDT, qui n'en veut pas. Cette organisation n'est plus une organisation syndicale de salariés. Avec la CFTC, qui l'a précédé dans cette voie depuis très longtemps, la CFDT est une courroie de transmission du patronat au sein du monde des travailleurs. Philippe Martinez, notre secrétaire, ne doit plus perdre son temps à discuter avec Laurent Berger, comme à se rendre à Matignon ou à l'Elysée, lesquels instrumentalisent les images, alors que le pouvoir est dans la négation du dialogue. Nous réclamons de l'organisation, réelle, à la hauteur, et de la dureté. Nous sommes confrontés à des dictateurs, de fait ou d'idéologie, comme avec le MEDEF. Les membres de la CE confédérale doivent se réveiller.
Le Syndicat MultiPro CGT Sud Gironde vous invite à venir participer à ces deux soirées, ou à l'une d'entre elles, et si vous ne pouvez pas, à donner des biens parmi ceux qui sont recherchés. Des convois partiront en novembre, pour apporter aux Grecs, écrasés par la politique économique de Siryza-UE et aux migrants, vos dons récoltés. Vous découvrez ici sur les documents la liste des biens recherchés.
Nous avons commencé le blog, en autorisant la libre publication des commentaires. Hélas, comme d'habitude, cette liberté totale a été utilisée par deux charlatans, pour polluer les commentaires par leurs éructations et autres remugles. Aussi, nous avons instauré la modération des commentaires. Nous pouvons publier tout commentaire, informatif, argumenté. Le reste, non. Les commentaires non publiés sont conservés, au cas où. Pour ceux qui ne comprennent pas cette situation, la direction de la CGT dans ce département en est responsable. Des roquets se croient autorisés à aboyer, et aboyer, et aboyer. Pour le respect de vos yeux et de vos oreilles, nous sommes obligés de ne pas laisser traîner leur ....
Nous avons appris que des manifestants mettent en cause le SO de la CGT. Nous savons que la CGT peut être injustement mise en cause. Nous savons aussi que tout est possible, hélas, dans le monde dans lequel nous vivons. Nous prenons acte de ce que nous avons appris ici, et que des citoyens, non cégétistes, disent nous confirmer. Nous pensons que ces faits sont, s'ils sont confirmés, intolérables. La CGT ne peut pas fonctionner sur un discours public et des pratiques différentes - à l'instar des politiques. Nous espérons donc qu'une enquête interne est d'ores et déjà en cours, et qu'une réponse officielle sera donnée : les faits se sont-ils produits, comment, "pourquoi" ? Que fait la CGT pour réparer ses torts (éventuels, toujours à confirmer) et pour qu'ils ne se reproduisent plus ? Même si des citoyens et des travailleurs sont exigeants, voire même plus, avec la CGT, la violence que nous subissons toutes et tous n'a pas à être répercutée, reproduite, entre nous.
EN GRÈCE, IL EST DÉSORMAIS LÉGAL DE TRAVAILLER SANS ÊTRE PAYÉ !
Suite à la décision d'un tribunal grec qui ne considérait pas comme «un changement préjudiciable des conditions de travail » le fait de ne pas être payé… Une nouvelle décision de la Cour Suprême vient aggraver la situation des travailleurs non rémunérés qui avaient déjà beaucoup de mal à ester en justice sur le retard de leurs rémunérations. En effet, selon de nouvelles dispositions prises ces jours-ci, un employeur qui ne paye pas les salaires de ces employés pourra invoquer la « détresse financière». Ainsi, la combinaison de ces deux décisions confirme que les travailleurs qui sont non rémunérés doivent travailler sans être payés ! Quand on sait qu’actuellement en Grèce, les syndicats estiment à environ 1,5 million de salariés , les travailleurs non rémunérés pour une période de 6 mois… on imagine les nouveaux dégâts de cette législation anti-travail., et les difficultés qu’auront désormais les travailleurs et leurs syndicats à mener ces combats, qui sont actuellement une grade majorité des conflits actuels. Et là, on ne peut invoquer qui que ce soit : il s’agit bien d’une décision prise sous le gouvernement SYRIZA-ANEL, dit de … "gauche radicale" ! Et ces "décisions" sont prises sous l'influence de l'UE et du FMI. Les syndicats européens non réformistes doivent réagir rapidement contre ce "droit divin" de gruger, de voler, pour des travailleurs esclaves.
La vidéo ci-dessous est reproduite ici, en raison de son intérêt pour la mesure de l'importance de la manifestation du 12 Septembre à Paris, mais cette reproduction, pour que chacun puisse se faire son avis, n'implique aucune adhésion de notre part concernant la chaîne qui la diffuse.
Notre syndicat invite les camarades et les salariés à être dans les rues, le 12 septembre, à Bordeaux ou à Marmande, puisque, dans notre secteur, la CGT "officielle" est incapable d'organiser un rassemblement digne de ce nom.
Vous
trouvez ici une lettre ouverte dont j’assume toutes les paroles,
les phrases, sans aucune intention injurieuse. Seule est engagée ma
liberté d’expression et pourra donc être mise en cause, ce qui,
toutefois, serait une absurdité, syndicalement et cégétistement
parlant, mais nous ne sommes pas à une absurdité près, dans notre
situation. Cela fait un an que je me suis astreint à un silence
quant à une expression publique mais désormais, après une longue
et mûre réflexion, partage, écoute, présence active par tous les
moyens dans la défense et l'intérêt des syndiqué(e)s et/ou
travailleuses et travailleuses, en tant que Conseiller du Salarié
CGT depuis bien d’années (mais, étant donné la négation de ce
travail par la direction actuelle de l’UD, pour combien de temps
encore ?), j’ai donc pris cette décision aujourd’hui, celle de
m’exprimer en tant que syndiqué – syndiqué devenu le secrétaire
d’un syndicat des «isolés» en Sud Gironde. Contrecarrer nos
volontés, ignorer nos idées, nous nier, nous réduire à … c’est
quoi cette actualité cégétiste girondine ? Nos valeurs et nos
principes, en adéquation parfaite avec les statuts de la CGT et ce
qu'elle doit représenter dans la société actuelle, tout cela est
devenu secondaire, par l’aveuglement, la surdité et la violente
oligarchie des incapables qui font la loi et modifient à leur guise,
dans leur pratique, les statuts, ajoutent de nouvelles règles et
méthodes de travail, etc, selon leurs caprices. C’est à celles et
ceux qui, pour l’instant, sans autre alternative devant une
ci-devant Reine de la CGT, certains de ses lieutenants, parfois élus
au sein même de l’instance majeure ou de syndicats, mais qui
n’osent pas s'approprier complètement et statutairement, leurs
mandats et responsabilités, que nous nous adressons. À celles et
ceux qui, dans leur engagement au sein de la CGT, sont absolument
sincères, honnêtes, je m’adresse à vous, parce que nous
aimerions pouvoir vous parler, à toutes et tous, plus facilement,
régulièrement. Sur ce que nous disons, pensons, notre blog est là
pour cela, et c’est d’ailleurs pour cela que cette lettre ouverte
est publiée ici. Quant à notre adresse mail, il s’agit de
contact arobase syndicat-cgt-multiprosg point org.
Notre
situation relatée à maintes reprises par des échanges entretenus
avec des camarades de la CEUD, qu’ils soient des nouveaux élu(e)s
ou réélu(e)s lors du dernier Congrès, ou à travers des divers
documents écrits adressées à l’UD 33, à la Confédération, à
Philippe Martinez, à des Syndicats, à des Syndiqué(e)s, est telle
que suffisante pour que, par elle-même, par sa valeur et sa force,
il soit désormais nécessaire de requérir la démission immédiate
de Mme Versigny. Récemment,
le 15 juin 2017, le Syndicat Multi Pro CGT SUD GIRONDE a été
convié par la Commission Affiliation à participer à une réunion
de travail, et l’étaient également le secrétaire de l’ul Sud
Gironde, un représentant de la Fédération Agro, Mme Versigny.
Selon cette dernière, le Syndicat MultiPro CGT Sud Gironde n’est
pas, encore, intégré à la liste des syndicats CGT en Gironde, en
raison de sa volonté, personnelle ! Les conséquences sont,
réellement mais aussi potentiellement, très graves, pour nos
Sections, pour nos mandaté(e)s. L’UD, gérée selon les caprices
de la Reine de Bordeaux, ne perçoit pas ce que le Syndicat lui doit
– mais nous n’y sommes pour rien si l’UD n’est pas capable de
nous permettre d’effectuer cette répartition via Cogetise. Le
Syndicat a été créé statutairement, à la demande de l’UD CGT
33 et l’ul CGT sud gironde, avec la collaboration de membres du
bureau de l’UD, tels que M.Faye ou M.Notais, ayant comme
scrutateurs lors du vote M. Delasa et Despujol (Conseiller
Prud’homal) ; toutes les démarches administratives internes à
la CGT ont été effectuées ; et les externes, comme le dépôt
du procès-verbal après l'élection des membres du bureau, du
secrétaire du syndicat, ont été reçues par la Mairie de La Réole,
adressées à l’ul CGT sud gironde, à l’UD CGT 33, au Procureur
de la République. 4 mois après cette Constitution, l’UD s’est
réveillée. Et le bureau de l’UD (mais pas la CE, n’est-ce pas ?
Qui n’a pas été consultée, n’est-ce pas?) a fait un choix tout
seul, depuis, porté par Mme Versigny, sans la moindre
justification statutaire. Et des choses pareilles peuvent se produire
au sein de la CGT ? Et il faut presque un an pour résoudre de
tels problèmes ? Et une commission affiliation ne peut se faire
entendre d’une telle secrétaire de notre UD ? ! Nous, de
notre côté, nos cotisations sont toutes à jour et l’argent est
bien sur un compte bancaire, dans l’attente de ! Au cours de
la même réunion Mme Versigny a également prétendu assumer le
fait que la liste des conseillers du salarié CGT en Gironde a
évolué, là encore, de son propre chef, sans que la CE de l’UD
soit informée de ces changements – et l’Inspection du Travail ?
Et la Préfecture ? Face une telle folie, on fait quoi ??
Comment un travail syndical de plusieurs années pourrait être
balayé d’un trait de plume, de la part d’un dictateur à la main
de fer ? ! Madame Versigny, vous avez peut-être un
excellent avenir en tant que DRH d’une entreprise, ou des
meilleures chances dans une toute petite entreprise, plus en
conformité avec vos limites et compétences, puisque au stade où
vous trouvez, n’importe quel employeur du MEDEF vous prendra !
Je ne me suis pas engagé à la CGT pour subir une telle dictature.
Qui, de nous deux, appartiendra encore à la CGT, dans les mois qui
viennent ? Nous, nous ne craignons rien, parce que nous avons
toujours tenu une position cégétiste fidèle, libre d’expression
et d'échange d’idées, hélas, depuis longtemps déjà, confronté
à votre positionnement féodal en Gironde. À Montreuil, devant la
Commission Affiliation, faute d’arguments solides et crédibles
vous n’avez pu que contourner le seul objectif de la réunion :
faire avancer de manière pérenne le Syndicat Multi Pro et vous
vous êtes donc engagée et perdue, dans la seule voie que vous
maîtrisiez, détruire, diviser, décrédibiliser, diffamer, mentir,
manipuler autrui. Mais la camarade Frédérique Landas, de la
Commission Affiliation, a dû vous rappeler que leur commission n’est
pas une Commission de Conflits. Mme Versigny,
vous avez choisi de faire abstraction des consignes, divertir
l’audience et passer outre l'intérêt de la réunion en soulevant
“ d’autres sujets majeurs “, ceux où vous vous sentez plus à
l'aise dans votre verbe habituel, ceux qui divisent et détruisent
notre CGT en Gironde, et cela sans oublier dès le départ en posant
vos bases : “quand
on est à la CGT nous ne pouvons pas faire ce qu’on veut quand on
veut “,
je vous cite. Sachant d’où vient une formule, je ne sais pas si
“je
dois rire ou pleurer … “,
vous vous rappelez de celle-là, Madame ?? Et voilà que je vous cite
encore, franchement, c’est insupportable n’est ce pas ?? A votre
place une mise à la porte de José Bengala ne me suffirait plus, il
faudra désormais et carrément une mise en demeure, une plainte pour
diffamation mensongère, quelque chose de fort quoi, histoire de
“mettre
de la chair autour de l’os“
... et zut, je vous cite encore, incroyable cette obstination, je
vous jure, Madame, je ne le fais pas exprès !! Vous parlez tant, que
vous parlez contre vous-même. Vous nous avez sévèrement critiqués
pour le fait de la création du blog de notre syndicat, mettant en
cause notre engagement et liberté d’expression. Vous nous avez
critiqués sévèrement par le fait que nous avons adressé des
courriers à Philippe Martinez, à l’UD 33, à la Commission
Affiliation. Dans quelle démocratie vivez-vous ? Vous nous avez
sévèrement critiqués par le fait que notre syndicat a écrit au
Président de la République en faisant sortir de votre chapeau
l’extrait suivant : “nous
sommes favorables au débat, à la démocratie sociale. C’est
pourquoi votre soutien aux négociations dans les entreprises a notre
assentiment. Vous voulez des négociations dans toutes les
entreprises ? Nous y sommes prêts ! “,
mais vous nous avez sciemment tronqués la citation, en omettant ce
qui précédait et suivait – et j’invite toutes et tous les
camarades à consulter ce courrier, dans notre blog. Si vous aviez
été honnête, vous auriez alors souligné que nous avons aussi posé
des conditions à ces négociations : “Mais
alors, il faut être clair. Il faut que ce soit, par définition, par
moyens, de vraies négociations, ce que même les NAO (négociations
annuelles obligatoires) ne sont pas. Pour nous, il faut qu’il y ait
des NAO de branche, et, une fois terminées, des NAO dans les
entreprises, sur la base des résultats de la négociation des NAO
nationales. Il faut de telles négociations DANS TOUTES LES
ENTREPRISES, et notamment dans les TPE, lesquelles sont dans un
statut d’exception, injuste, pour les travailleurs de ces
entreprises de moins de 11 salariés. Dans ce pays, la situation
économique d’une personne est liée à ses «chances» : êtes-vous
énarque, êtes-vous haut fonctionnaire, êtes-vous salarié d’une
très grande entreprise, et vous cumulez de nombreux droits,
êtes-vous au contraire salarié(e) d’une toute petite TPE, et vous
n’avez aucun droit économique global. Il faut donc en terminer
avec cette situation, où les proportions ne sont pas tempérées par
une redistribution. Les salariés des TPE doivent bénéficier d’un
comité d’entreprise, d’un CHSCT. Le fait qu’ils en soient
privés constitue une discrimination, du point de vue
constitutionnel. Évidemment, ce CE ne peut être établi sur la base
des moyens de l’entreprise. Il faut donc inventer une nouvelle
forme de CE pour ces entreprises: un CE national ? Un CE
départemental ? Un CE par branche ? Vous le voyez : c’est une
organisation syndicale de salariés qui défend la COHÉRENCE de
«droits salariaux», de véritables progrès économique. Cela ne
peut être une surprise. C’est
pourquoi nous tenons enfin à le dire fortement : le plein-emploi
n’est pas une utopie, une chimère. Nous le disons clairement : le
grand patronat ne le veut
pas, parce
que le chômage de masse lui est troputile.
Vous êtes face à un choix. Les mesures que nous défendons ici
contribueront à ce plein-emploi. D’autres y contribueraient aussi
: les 32 heures
“. Vous, M. Notais et M. Delasa avaient prétendu sévèrement
me critiquer au motif que, selon vos termes, j’aurai porté
discrédit à l’organisation syndicale CGT en Gironde, au motif que
j’ai envoyé un texte personnel par mail, en tant que Conseiller du
Salarié à Mme Coulon, Responsable de l’Unité de Contrôle 3 -
Sud est, texte que je concluais dans les termes suivants “Et
si vous vous heurtez à la bureaucratie servile de la DGT, dites-vous
que vous avez le choix : si vous y perdez des parts de primes
sachez que vous y gagnerez des parts d'estime de vous-mêmes ! “
Sachez Madame, que dans ce même mail il existe aussi des extraits
tels que : “ Vous
n’êtes pas des conseillers, vous êtes la police des patrons ! il
en faut une, déterminée, sérieuse, entêtée, efficace. Vous êtes
des experts contre les infractions, les trucages, les délits
patronaux.»
Ou
: «N'ayez
pas peur des " cris " patronaux qui se plaignent de la
crise : jamais leurs profits n'ont été aussi énormes. Jamais la
France des actionnaires, jamais la France exploiteuse n'a été aussi
riche. Jamais les richesses produites par les salariés n'ont été
aussi mal distribuées.»
Ou : «vous
faites un métier fantastique, extraordinaire, un des plus
intéressants, passionnants : vous avez le droit de rentrer à toute
heure du jour et de la nuit dans les entreprises et de contrôler les
employeurs.»
Ou
: «Jamais
les salariés n'ont eu autant besoin de protection. Jamais le Code du
Travail n'a été aussi nécessaire, renforcé, et vous là,
j’espère, pour le faire appliquer effectivement contre la
délinquance patronale massive qui s'est accrue ces dernières
années.»
Ou
: «Vous
êtes le bras armé de la répression pour le faire appliquer. Ne
voyez pas votre mission avec distanciation mais avec passion. On a
voulu vous apprendre à être technocrates, juristes froids et
statisticiens soumis, fonctionnaires obséquieux. Soyez engagés,
votre métier a un vrai sens, soyez fiers !»
Voilà
le sens de mon texte et mes propos, mais c’est tellement plus
simple de cacher la vérité aux camarades, essayer de leur faire
croire à autre chose et puis taper et taper continuellement sur José
Bengala, ça vous fait plaisir, hein ?? Je vais vous faire une
confidence Madame, parce que je n’aime pas laisser les gens dans
l’ignorance et puisque vous et vos lieutenants, vous vous êtes
dits atterrés par ma phrase “si
vous y perdez des parts de primes sachez que vous y gagnerez des
parts d'estime de vous-mêmes !“
Ces primes, elles existent !! Vous devriez les connaître pourtant,
je ne parle pas des autres camarades mais au moins vous en tant que
Secrétaire de l’Union Départemental CGT 33. Quelle inattention !
nous avons des camarades à la Direccte Nouvelle Aquitaine pourtant
!! qui font ce travail avec passion, avec toutes les difficultés que
nous savons, et qui risquent de s’aggraver avec le MEDEF désormais
explicitement à la tête du Ministère ! Cette
prime, c’est la fameuse - Prime de Fonctions et de Résultats (
FPR ). Il s’agit d’un dispositif indemnitaire qui comprend deux
parts cumulables et modulables indépendamment l’une de l’autre
par application de coefficients multiplicateurs à un taux de
référence ( exprimé en euros ) :
-
une part est liée aux fonctions exercées, modulable de 1 à 6 pour
tenir compte des responsabilités, du niveau d’expertise et les
sujétions spéciales liées aux fonctions exercées.
-
une part ( et voilà le problème et pourquoi les agents sont soumis
à ... ) liée aux résultats individuels, modulable de 0 à 6 pour
tenir compte de la performance et de la manière de servir de
l’agent. La
modulation intègre, sur cette part l’atteinte ou non par l’agent
des objectifs qui lui ont été fixés ( par qui ?? dans le cas en
espèce par Mme Coulon). De plus, il faut savoir que sii le montant
de la part fonctionnelle a vocation à rester stable dans le temps,
le montant de la part liée aux résultats individuels attribué à
un agent est révisable en fonction des mérites et des résultats
!!! J’espère qu’après cette brève explication ou information,
ou … prenez-le comme vous voulez, Madame, vous avez mieux compris
ma démarche et si vous n'êtes pas d’accord avec la réflexion,
vous avez aussi le droit, pour ma part je pense qu’il est
nécessaire parfois de faire sentir aux donneurs d’ordre, qu’en
face, il y a des militants sérieux, engagés dans l'intérêt des
syndiqué(e)s et de travailleuses et travailleurs, et je sais que je
ne suis pas un cas isolé. Beaucoup de camarades partagent les mêmes
idéaux, la même détermination, la même cohérence, sauf vous
apparemment. C’est pourquoi vous devez, en conscience, laisser la
chaise vide et passer la place à quelqu’un avec les capacités
syndicales tant nécessaires en Gironde. Si vous ne le faites pas de
vous-même, alors, la force des choses le fera. Vous avez cautionné
des choses et des propos inacceptables, vous avez usé de votre
pouvoir sans respecter vos obligations, vous avez contribué à
laisser perdurer un climat sur lequel nous vous avons, à l’été
2016, alerté, demandé d’agir, ce qui a conduit des voyous (ou des
salauds, si vous préférez) à créer des faux, pour faire croire
que j’adhérais à une autre organisation syndicale. Oui, Madame
Versigny, quand
on est à la CGT nous ne pouvons pas faire ce qu’on veut quand on
veut.
José
BENGALA
Conseiller du Salarié CGT - Secrétaire du Syndicat Multi Pro CGT
Sud Gironde
Pendant
la campagne électorale, vous vous êtes exprimé à plusieurs
reprises sur, le Droit du Travail, vos analyses et idées, votre
volonté. Désormais, une majorité des votants du second tour des
élections présidentielles vous a porté à la Présidence de la
République. Par ce statut, de représentation nationale, de
pouvoir(s) de décision, vous détenez une influence considérable
sur la vie économique, politique, sociale, de la France. De vos
décisions, cette influence sera, positive – ou non. Il ne suffit
pas d’être président pour bien agir. Il faut bien agir pour être
un président utile, et plus encore. Vous avez des relations
privilégiées : votre famille, vos amis, vos contacts, vos
connaissances. Chacun peut savoir que, de votre rôle au côté de
l’ex Président, M. Hollande, jusqu’à votre nomination au
Ministère de l’Économie, le patronat, et singulièrement, le MEDEF, n’a cessé d’exercer des pressions, de vous demander, des
décisions. Nous connaissons l’influence de ce grand patronat en
France, depuis des décennies. Il n’est sans doute pas
«politiquement correct» de le dire, de le rappeler, mais ce grand patronat a été un artisan majeur de la Collaboration pendant
l’Occupation nazie. C’est ce patronat qui dénonçait les lois,
si modestes pourtant, du «Front Populaire», c’est le même qui,
soixante ans après la Libération, dénonçait les décisions du
Conseil National de la Résistance, traduites par des législations.
Nous sommes, évidemment, désolés de le constater et de devoir le
rappeler, mais c’est ainsi. Ce patronat ne prône pas le
rétablissement de l’esclavage – parce que ce serait très mal
pris, mais il fait tout pour nous en rapprocher. Aussi, alors que
vous commencez votre premier mandat, nous souhaitons vous inviter à
la prudence à l’égard de ce grand patronat et de son lobbying
permanent, et faire attention à écouter tous et toutes, et
notamment les travailleurs, les organisations syndicales actives,
authentiques. Car, oui, nous, nous travaillons à faire développer
et réussir nos entreprises, associations, services publics, donc, à
faire réussir notre pays, et pour cela, nous savons qu’il est
inconcevable que des millions de travailleurs soient privés
d’emploi, en raison de choix économiques ineptes, contradictoires,
inefficaces. C’est pourquoi notre syndicat vous écrit
immédiatement. Concernant des changements majeurs à opérer dans le
Code et le Droit du Travail, vous entendez ne pas passer par de
vraies et longues négociations, mais imposer des ordonnances, dont
une viserait à favoriser la négociation dans les entreprises !
En somme, il faudrait négocier et cela ne serait pas négocié…
Nous sommes surpris par ce paradoxe. Ce n’est pas seulement des
travailleurs, des syndiqués, qui vous interpellent sur celui-ci,
mais aussi des économistes, il est vrai, «hétérodoxes» (puisque
le système économique, politique, universitaire, est en train de
favoriser une uniformité de pensée, avec la valorisation
systématique des économistes «orthodoxes», ce qui en dit long sur
cette liberté de pensée, d’expression, sur cette «tolérance»
qui prétendent accepter la «diversité» pour en fait la faire
disparaître), lesquels vous recommandent et une halte (la France
légifère en la matière presque tous les ans!), une véritable
concertation, une véritable réforme de ce Droit, à laquelle, oui,
nous aspirons. Oui !
Nous ne voulons pas conserver le Droit du Travail tel quel – il a
été miné, affaibli, rendu contradictoire, par des années de
législation, de décisions de jurisprudence, etc. Oui, il a été
alourdi, principalement à cause des volontés du patronat d’obtenir
des dérogations, des exceptions, des particularités. Oui, il fautdonc le réformer, mais il faut le réformer dans la cohérence, dans
le respect de normes fondamentales et de conquis sociaux, mais,
hélas, les conservateurs de cette situation, c’est ce grand
patronat qui, quand il parle de «réforme(s)», ne conçoit que des
régressions, des avantages supplémentaires pour lui. C’est
pourquoi, par cette lettre, nous vous adressons nos propositions,
desquelles nous sommes prêts à discuter, puisque nous en sommes
impatients ! Avec la «révolution néo-libérale», la «guerre aux salaires» a été réouverte. La seule pause qu’est connue
cette «guerre», menée par le grand patronat, aux salaires, aura
été les «30 glorieuses», pour une multitude de facteurs, dont
l’engagement dans la collaboration pendant la guerre, la croissance
économique, l’état des forces syndicales. Mais, avec la publicité
faite à la doctrine de l’École de Chicago, des Friedman et consorts, avec l’arrivée au pouvoir des Reagan, Thatcher, et
consorts aussi, cette «guerre aux salaires» a été explicitement
déclarée et menée. C’est cette guerre patronale contre nos
salaires qui a conduit à la situation actuelle avec un SMIC si près
des 1000 euros par mois, alors que les prix en France sont parmi les plus élevés au monde, les dépenses contraintes également (les
loyers par exemple), alors que ce SMIC devrait être aujourd’hui
près des 2000 euros. Mais voilà : en raison du lobbying
patronal, soutenu par l’UE, les salaires ont été étouffés,
écrasés, le sont encore et toujours – les salaires du bas de
l’échelle, parce que les salaires du haut de l’échelle ne
connaissent pas cette pression à la stagnation, régression. Il faut
donc trouver des solutions face à cette mauvaise volonté du grand
patronat qui impose partout son mépris envers les travailleurs. Il
n’est pas possible de déconnecter le salaire de la situation
économique, de la trésorerie et des fonds propres, de l’entreprise,
l’association. Pour une entreprise en difficulté, la législation
récente permet une stagnation, voire une régression, pour certains
salaires au dessus d’un seuil. Mais on se focalise trop facilement
sur les entreprises en difficulté. Elles sont trop nombreuses, et
pour cause. Mais les entreprises, majoritairement, ne sont pas en
difficulté, qu’elles soient une TPE, une PME, etc. Or, dans
celles-là, le discours sur «les difficultés» favorise la même
stagnation. Il n’y a que dans certaines organisations économiques,
comme les SCOP, que les résultats économiques profitent
automatiquement à tous. Il est donc temps de réfléchir et demettre en œuvre des mécanismes nouveaux, afin que la redistribution de la production financière induite par l’activité économique soit automatique, proportionnelle aux efforts et aux revenus des uns et des autres, plus importante pour les plus bas revenus, plus faible pour les plus hauts revenus. Ces mécanismes peuvent être divers, et
de rythme variable : annuel, bi-annuel, mensuel. En outre, de
très nombreuses et importantes clauses du Droit du Travail, des
contrats de travail comme des conventions collectives, ne sont pas
respectées par les employeurs. Nous connaissons des cas, trop
nombreux, de salariés qui n’ont jamais connu une évolution de
leur coefficient salarial pendant des décennies, et qui finissent
leur carrière près du SMIC. Là encore, des mécanismes de
suivi/surveillance peuvent et doivent être mis en place, et
permettront que ces évolutions se fassent, sans que les employeurs
les oublient. Parce
qu’ils en oublient, des choses… Par exemple, ils oublient, dans
trop de PME, de tenir les élections professionnelles, pourtant
obligatoires à partir de 11 salariés. Et ce n’est que lorsque des
salariés en ont assez de leurs conditions de travail et de salaire
qu’ils découvrent, avec nous, cette injuste carence, qui a pu
durer des années, des années. Ces élections, l’employeur les
leur doit, mais aussi, ils nous les doit, parce qu’elles
conditionnent la représentativité syndicale. Sur celle-ci, nous
constatons qu’il existe trop de problèmes : élections pas
tenues, élections sous influence, différenciation public/privé,
etc. Puisqu’on nous recommande la «simplification», nous le
disons : oui ! Allons-y ! et organisons ces élections
professionnelles EN MÊME TEMPS, une fois tous les 4 ans, partout en
France, et dans des conditions de tenue comparables aux élections
politiques. Ces élections ne peuvent plus se tenir sous le contrôle
des employeurs, desquels il ne faut pas attendre la moindre
neutralité, alors qu’elle est obligatoire. Ainsi, en tenant ces
élections sous l’égide, par exemple, des communes et de
l’Inspection du Travail, partout en France, nous nous assurerons, à
la fois, de la fiabilité de la tenue et des résultats, et les
travailleurs seront motivés pour y participer. Mais voyons ce que ce
patronat qui prétend être favorable au «dialogue social» en
pense… Les résultats pourront être publics. Le calcul sur la
représentativité syndicale se fera plus aisément et clairement. Il
faudrait qu’il en aille ainsi sur la représentativité patronale,
alors que le MEDEF a encore obtenu des avantages pour lui-même. Vous
le voyez : nous sommes favorables au débat, à la démocratie
sociale. C’est pourquoi votre soutien aux négociations dans les
entreprises a notre assentiment. Vous voulez des négociations dans
toutes les entreprises ? Nous y sommes prêts ! Mais alors,
il faut être clair. Il faut que ce soit, par définition, par
moyens, de vraies négociations, ce que même les NAO (négociations
annuelles obligatoires) ne sont pas. Pour nous, il faut qu’il y ait
des NAO de branche, et, une fois terminées, des NAO dans les
entreprises, sur la base des résultats de la négociation des NAO
nationales. Il faut de telles négociations DANS TOUTES LES
ENTREPRISES, et notamment dans les TPE, lesquelles sont dans un
statut d’exception, injuste, pour les travailleurs de ces
entreprises de moins de 11 salariés. Dans ce pays, la situation
économique d’une personne est liée à ses «chances» :
êtes-vous énarque, êtes-vous haut fonctionnaire, êtes-vous
salarié d’une très grande entreprise, et vous cumulez de nombreux
droits, êtes-vous au contraire salarié(e) d’une toute petite TPE,
et vous n’avez aucun droit économique global. Il faut donc en
terminer avec cette situation, où les proportions ne sont pas
tempérées par une redistribution. Les salariés des TPE doivent
bénéficier d’un comité d’entreprise, d’un CHSCT. Le fait
qu’ils en soient privés constitue une discrimination, du point de
vue constitutionnel. Évidemment, ce CE ne peut être établi sur la
base des moyens de l’entreprise. Il faut donc inventer une nouvelle
forme de CE pour ces entreprises: un CE national ? Un CE
départemental ? Un CE par branche ? Vous le voyez :
c’est une organisation syndicale de salariés qui défend la
COHÉRENCE de «droits salariaux», de véritables progrès
économique. Cela ne peut être une surprise. C’est pourquoi nous
tenons enfin à le dire fortement : le plein emploi n’est pas
une utopie, une chimère. Nous
le disons clairement : le grand patronat ne le veut pas, parce
que le chômage de masse lui est trop utile. Vous êtes face à un
choix. Les mesures que nous défendons ici contribueront à ce
plein-emploi. D’autres y contribueraient aussi : les 32
heures
un nouveau statut du privé d’emploi, lequel continuerait
de bénéficier d’un contrat de travail d’État, pendant la
transition entre un emploi et un autre. A peine nommé, votre
premier premier ministre nous a dit qu’à son sens, le Droit du
Travail ne protège pas efficacement les travailleurs, puisqu’il y
a tant de chômage… Corréler le niveau de chômage du Droit du
Travail actuel relève d’une idéologie, mais nullement des faits.
Les employeurs et les entreprises embauchent par nécessité –
parce que ce sont les travailleurs qui produisent l’immense
majorité des biens et des services. Ils ne sont pas philanthropes,
nous le savons… Avec des outils multiples, dont l’amélioration
de la productivité, pour laquelle les travailleurs en France sont
les meilleurs au monde, le patronat privé ET public impose un
principe constant, de destruction des emplois. Supprimer des emplois,
c’est faire augmenter le chômage, et c’est, avec la fermeture
des entreprises, fermeture liée à l’insuffisance de l’activité
économique, la «croissance», les salaires trop faibles, la
mauvaise gestion, des détournements de fond, qu’ils soient faibles
ou importants, la cause principale du chômage. Pendant votre
campagne, vous avez parlé de supprimer des emplois publics. Est-ce
que nous pouvons nous payer le «luxe» de supprimer des emplois
alors que le chômage est si massif ? Et pourquoi faire payer
aux chômeurs la facture d’une mauvaise gestion des deniers
publics, mauvaise gestion dont ils ne sont pas responsables ! La
«dette» nationale, c’est nous qui la payons, mais ce n’est pas
«nous» qui nous sommes endettés. Nous avons été endettés à nos
dépens. Le budget national peut être en permanence excédentaire –
par exemple, si l’impôt sur les entreprises n’est pas
constamment réduit, si cet impôt est justement et complètement
payé par toutes et tous, si la croissance est telle que les rentrées
fiscales de la TVA sont encore plus importantes, et pas par
l’augmentation qualitative des taux, mais par l’augmentation
quantitative des perceptions par le Trésor Public. Vous avez dit
avoir entendu «la colère» dans la population. Nous vous la
confirmons. Elle est immense. Par sens de l’Histoire, par esprit
républicain, beaucoup ont voté pour vous au second tour de
l’élection présidentielle, pour voter contre l’autre candidate.
Ils n’ont pas voté pour votre programme. Vous ne pouvez pas
croire, penser, et dire que vous avez obtenu une majorité d’adhésion
sur votre programme. De nombreux aspect de ce programme constituent
des violences contre notre Histoire, contre le fameux «dialogue»
national, contre des droits fondamentaux. On ne peut pas en
permanence valoriser la «sécurité» publique, la sûreté, la
sécurisation des parcours professionnels des rentiers du Capital, et
valoriser l’insécurité économique, en facilitant le
licenciement, en affaiblissant le faible Droit du Travail, en
favorisant le patronat, au sein et devant les Prud’hommes. Contre
la délinquance pénale, les forces de «l’ordre» sont et
seraient, renforcées, par des effectifs supplémentaires, par des
moyens et des droits nouveaux, mais contre la délinquance
économique, les forces de «l’ordre» que sont les inspectrices et
inspecteurs du travail seraient toujours moins nombreux, toujours
plus tétanisés, contrôlés, empêchés, voire parfois mis en cause
par la direction du Ministère quand ils se trouvent opposés à des
employeurs fraudeurs. Nous
leur exprimons ici notre soutien, total, et notre admiration pour
leur travail, dans des conditions si difficiles. Quant à votre
projet d’encadrer/plafonner des indemnités prud’homales, nous en
sommes abasourdis. Autant il est compréhensible de tenir compte de
la nature de l’entreprise (son chiffre d’affaires), pour ne pas
traiter de manière égale une TPE avec une très grande entreprise
(mais alors il faudra trouver un mécanisme de compensation pour
qu’un salarié d’une TPE qui obtient satisfaction devant un
Conseil des Prud’hommes ne soit pas encore victime de la petite
taille de l’entreprise de son employeur, par une indemnisation
réduite), autant le plafonnement est incompréhensible et jusqu’ici, rejeté, parce qu’inconstitutionnel, dans la mesure où il ne
permet pas l’évaluation des fautes et de la dette due au salarié
par l’employeur, parce qu’il permet à l’employeur de connaître
à l’avance le coût de telle ou telle faute, et, pourquoi pas, de
provisionner la somme requise pour se payer telle ou telle faute !
Ce serait, dans la Justice française, une exception, et cette
exception n’est ni constitutionnellement acceptable, tolérable, ni
pertinente. Les employeurs n’ont pas à être rassurés à l’égard
des salariés. Qu’ils les respectent, qu’ils rémunèrent un
juste salaire, qui tient compte de beaucoup de paramètres, qu’ils
acceptent d’écouter les travailleurs dans les entreprises, et,
mécaniquement, les contentieux diminueront. Là, il ne s’agit pas
de les diminuer par une logique qualitative, mais de protéger des
fraudeurs et des délinquants en leur permettant d’avoir la
visibilité et la maîtrise de leurs fautes et délits ! Imagine
t-on un instant une telle procédure pour, un viol, un crime, un vol
de haut vol, une escroquerie ? Car c’est l’inverse : il
n’y a pas des plafonds, mais des seuils, et des seuils ouverts.
Pour cette Justice qui est due aux travailleurs, nous allons
continuer de nous organiser, et de faire monter toujours plus la
pression, si les dirigeants de l’État font le choix d’imposer un
État défaillant dans le domaine. Les préjudices sont trop
nombreux, trop importants, trop graves. Nous vous demandons d’y
penser, sérieusement, et ce, en n’ayant pas dans votre bureau le
patron du MEDEF, ou l’un de ses représentants. Un Président doit
être, dit-on, au-dessus des partis, doit être «indépendant», au
service de l’intérêt général. L’intérêt patronal n’est
pas l’intérêt général. Il ne doit pas être confondu avec
l’intérêt économique, des entreprises. Les entreprises ne se
confondent pas avec leurs dirigeants, gérants. Ils en sont une part,
une part, très reconnue, très valorisée, très et trop protégée.
C’est pourquoi une réforme du Droit du Travail, de l’organisation
de la surveillance, de la protection et de la valorisation des droits
économiques, est si nécessaire, en effet, mais pas sur les critères
du MEDEF – le lobby économique des gloutons qui n’en ont jamais
assez…
Il y a quelques jours, un camarade de la CGT, membre de notre organisation syndicale depuis la Libération, a rencontré la secrétaire de l'UD CGT. Il lui a confirmé et justifié de cette intention partagée, créer une Union Locale CGT à la Réole. Elle lui a indiqué que, pour elle, en effet, cette création est, sera, utile, nécessaire, qu'elle la portera à la connaissance de la CE de l'UD.
Des syndiqués CGT du Réolais ont décidé de constituer ensemble un Comité Local CGT. Ce Comité entend permettre aux syndiqués CGT de différents syndicats, à des salariés sympathisants, de se rassembler, rencontrer, pour agir au mieux, ensemble.
A terme, il s'agit de recréer une Union Locale CGT à la Réole (recréer, puisqu'il en existait déjà une il y a quelques années). Il s'agit d'adapter la présence de la CGT au plus près des salariés et des syndiqués. Le Réolais a besoin de cette présence.
Cette entreprise, familiale, a été fondée par le "père Sagne", après la guerre (seconde guerre mondiale), du seul artisan, M. Sagne lui-même, jusqu'à devenir une entreprise qui compte aujourd'hui près de 100 salariés - ce qui indique l'enjeu productif et syndical.
Dans cette entreprise, dotée d'un comité d'entreprise, de représentants du personnel, un ronronnement s'était installée entre une direction et des "représentants", principalement CFDT, comme d'habitude, pas exigeants pour deux sous. Mais voilà : depuis plusieurs années, l'entreprise connaît des difficultés, avec des baisses de commande, une situation financière qui a été parfois très grave. Des salariés ont donc décidé de se syndiquer à la CGT pour, à la fois, faire connaître et respecter leurs droits salariaux et syndicaux, et permettre de s'adresser à la direction sur la situation de l'entreprise, pour faire des propositions, utiles, au fonctionnement, à la production, à l'amélioration des conditions de travail, pour innover sur le calcul et le paiement des salaires, des primes. Habituée à ce que tout se passe sans souci avec des IRP qui dorment debout, la présence réelle de la CGT a été difficile à accepter par et pour la direction, à intégrer - et pourtant, il va bien falloir. Le SMP soutient les salariés et les camarades, très activement. Il invite, nous invitons, le maximum de salariés à se syndiquer auprès du SMP, y compris pour préparer, qui sait, un jour, une reprise de l'entreprise par leurs soins. Il faut être prêt à tout, se préparer à tout.
Le syndicat CGT Multipro en Sud Gironde salue cette victoire.
Elle a été acquise, parce que la CGT reste un syndicat d'une défense active des droits des travailleurs.
A l'inverse, la CFDT, compromise dans tant d'accords signés contre ces mêmes droits, est largement devancée.
Reste que les conditions de tenue de ces élections sont un pur et simple scandale.
Qu'il s'agisse des employeurs, de l'Etat, ces "juges et parties" ne sont pas dignes d'être chargés de la gestion des élections.